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Haïti | Vote de la diaspora : la Commission de Venise recommandait la priorité au scrutin national […] — un an après l’annulation des voyages par le CPT, le CEP reprend la route

CEP — Vote de la diaspora : priorité au scrutin national, introduction graduelle et large consensus politique, recommandait la Commission de Venise — un an après l’annulation des voyages par le CPT, le CEP reprend la route PORT-AU-PRINCE, 23 août 2026 — Un an après que le Conseil présid

Haïti | Vote de la diaspora : la Commission de Venise recommandait la priorité au scrutin national […] — un an après l’annulation des voyages par le CPT, le CEP reprend la route
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23 août 2026
Haïti | Vote de la diaspora : la Commission de Venise recommandait la priorité au scrutin national […] — un an après l’annulation des voyages par le CPT, le CEP reprend la route
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Haïti | Vote de la diaspora : la Commission de Venise recommandait la priorité au scrutin national […] — un an après l’annulation des voyages par le CPT, le CEP reprend la route

  • by Rezo Nodwes
  • 23 août 2026
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CEP — Vote de la diaspora : priorité au scrutin national, introduction graduelle et large consensus politique, recommandait la Commission de Venise — un an après l’annulation des voyages par le CPT, le CEP reprend la route

PORT-AU-PRINCE, 23 août 2026 — Un an après que le Conseil présidentiel de transition (CPT) eut renoncé, sous la pression des critiques, à une coûteuse tournée internationale destinée à la diaspora, le Conseil électoral provisoire (CEP) reprend le chemin de l’étranger. Trois de ses membres — Marie Florence Mathieu, Patrick Saint-Hilaire et Jaccéus Joseph — viennent d’être reçus à Santiago par le Service électoral du Chili (Servel), tandis que le Brésil, les États-Unis et le Canada figurent explicitement parmi les pays où l’institution haïtienne envisage désormais d’expérimenter le vote des ressortissants établis hors du territoire. Une initiative qui remet au premier plan des recommandations formulées par la Commission de Venise : assurer d’abord des élections conformes aux standards internationaux à l’intérieur d’Haïti, puis n’introduire le vote extérieur que progressivement et sur la base d’un large consensus politique.

Le rapprochement chronologique est difficile à éluder. Le 16 juillet 2025, Rezo Nòdwès dénonçait encore l’annonce d’une tournée internationale consacrée à la promotion de l’avant-projet constitutionnel auprès de la diaspora. Le déplacement du conseiller-président observateur Frinel Joseph au Canada, annoncé pour le 1er août, était présenté comme une opération de « sensibilisation ». Rezo Nòdwès interrogeait déjà la pertinence de financer des missions extérieures à une époque où l’aéroport international de Port-au-Prince demeurait fermé et où les besoins sécuritaires, sanitaires et humanitaires absorbaient une part considérable des capacités nationales.

Cette tournée devait être beaucoup plus vaste. Selon les informations publiées à l’époque, une délégation d’une vingtaine de personnes conduite par Frinel Joseph devait voyager entre le 21 juillet et le 4 août 2025, notamment vers les États-Unis, le Canada, le Chili et le Brésil. Le RNDDH avait dénoncé l’utilisation de ressources publiques pour une opération qu’il jugeait injustifiée, dans un processus constitutionnel lui-même fortement contesté. Le 16 juillet, le CPT finit par annoncer l’annulation de la mission et la suspension de ses préparatifs, indiquant vouloir privilégier les ambassades, les consulats et les outils de communication à distance pour dialoguer avec la diaspora.

Il convient toutefois de préciser juridiquement le précédent : le CPT n’avait pas adopté une interdiction générale imposant au CEP de surseoir à tous ses déplacements à l’étranger. La décision concernait la tournée internationale de vulgarisation constitutionnelle placée sous la conduite de Frinel Joseph. La distinction institutionnelle existe ; la comparaison politique, elle, demeure. Les mêmes destinations — Chili, Brésil, Canada, États-Unis — réapparaissent aujourd’hui autour d’un autre chantier du pouvoir de transition : le vote de la diaspora.

Le communiqué publié par le Servel le 21 août 2026 ne laisse guère de place à l’ambiguïté sur l’objet de la mission actuelle. L’organisme électoral chilien confirme avoir reçu Marie Florence Mathieu, Patrick Saint-Hilaire et Jaccéus Joseph, accompagnés du chargé d’affaires haïtien Glodel Mezilas. Les conseillers ont exposé l’état de préparation des opérations prévues en décembre et indiqué qu’ils étudiaient la possibilité de permettre aux Haïtiens vivant au Brésil, aux États-Unis, au Canada et au Chili de voter hors d’Haïti. Ils ont interrogé le Servel sur l’expérience chilienne du suffrage extérieur et sollicité une coopération technico-électorale.

Quelques jours auparavant, le 14 août, une information publiée en Haïti annonçait déjà une tournée du CEP vers plusieurs pays accueillant d’importantes communautés haïtiennes : États-Unis, Canada, France, Chili et Brésil. L’objectif déclaré était d’évaluer les conditions dans lesquelles la diaspora pourrait participer aux prochaines compétitions électorales.

L’étape chilienne est donc, à ce jour, la partie matériellement confirmée de cette tournée. Le Servel ne parle ni d’un accord conclu, ni d’une autorisation donnée à Haïti d’installer des bureaux de vote au Chili. Il décrit une mission d’échange d’expériences et de recherche d’assistance technique. Autrement dit, le CEP se trouve encore dans une phase exploratoire.

Le dossier devient plus substantiel lorsque l’on revient à l’avis final CDL-AD(2024)042, adopté par la Commission de Venise en décembre 2024 après des discussions auxquelles avaient justement participé le CPT, le CEP et l’ONI. L’institution européenne avait consacré une section entière au « Vote des Haïtiens de l’étranger ». Elle constatait qu’aucune norme internationale n’oblige un État à instituer le vote extérieur et insistait sur les difficultés considérables que poserait, pour Haïti, la constitution d’une liste fiable des électeurs de la diaspora.

Son avis intérimaire contenait surtout une prescription méthodologique difficile à dissocier du débat actuel : « Assurer la tenue d’élections dans le pays en conformité avec les normes internationales devrait être une priorité, avant d’envisager le vote à l’étranger ». La Commission attirait notamment l’attention sur les Haïtiens résidant en situation migratoire irrégulière et sur les difficultés de constitution d’un registre électoral fiable.

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