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Haïti | Washington recommande aux Américains de laisser leur ADN et leurs dossiers dentaires avant le départ : le retour de Michel Martelly risque-t-il d’aggraver l’insécurité ?

L’image d’Haïti projetée à l’étranger atteint un degré de gravité presque funéraire. Au moment où les autorités de transition évoquent des élections sans en fixer la date, Washington recommande aux citoyens américains qui envisagent malgré tout de se rendre dans le pays de laisser

Haïti | Washington recommande aux Américains de laisser leur ADN et leurs dossiers dentaires avant le départ : le retour de Michel Martelly risque-t-il d’aggraver l’insécurité ?
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17 juillet 2026
Haïti | Washington recommande aux Américains de laisser leur ADN et leurs dossiers dentaires avant le départ : le retour de Michel Martelly risque-t-il d’aggraver l’insécurité ?
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Haïti | Washington recommande aux Américains de laisser leur ADN et leurs dossiers dentaires avant le départ : le retour de Michel Martelly risque-t-il d’aggraver l’insécurité ?

  • by Rezo Nodwes
  • 17 juillet 2026
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L’image d’Haïti projetée à l’étranger atteint un degré de gravité presque funéraire. Au moment où les autorités de transition évoquent des élections sans en fixer la date, Washington recommande aux citoyens américains qui envisagent malgré tout de se rendre dans le pays de laisser des échantillons d’ADN et leurs dossiers dentaires à leurs proches.

Cette consigne dépasse la prudence habituelle. Elle signifie que le voyageur doit envisager l’hypothèse d’un enlèvement, d’une disparition ou de l’impossibilité d’identifier sa dépouille. Elle traduit surtout la profondeur du discrédit sécuritaire qui frappe Haïti et l’extrême faiblesse des mécanismes de secours, d’enquête et de protection consulaire.

C’est dans ce contexte que Michel Martelly a effectué, cette semaine, une réapparition fortement médiatisée sur le territoire national. Accueilli par des partisans, des groupes de rara et un dispositif d’accompagnement, l’ancien président n’a fourni que peu d’explications publiques sur la portée exacte de son déplacement.

Sa présence survient toutefois à un moment politiquement sensible. Le pouvoir multiplie les annonces relatives à la préparation du scrutin, invite les partis à former des alliances et tente de remettre en mouvement la machine électorale. Pourtant, aucun calendrier officiel ne permet encore de savoir quand les citoyens seront appelés aux urnes.

Organiser des coalitions, mobiliser des militants et engager des ressources sans connaître la date du vote revient à construire une architecture institutionnelle sans fondations. Cette incertitude alimente l’idée que les différents camps se repositionnent déjà autour d’un processus encore hypothétique.

Dans ces conditions, la venue de Michel Martelly ne peut être réduite à un simple déplacement privé. Figure centrale du PHTK, il demeure capable de mobiliser des réseaux politiques, économiques et populaires. Son apparition peut donc être interprétée comme un signal adressé à ses anciens alliés, à ses adversaires et à ceux qui cherchent à peser sur la future recomposition du pouvoir.

Il serait cependant imprudent d’affirmer que sa seule présence provoquera mécaniquement une nouvelle poussée de violence. L’insécurité actuelle le précède et résulte d’un long affaiblissement de l’État, de l’expansion des groupes armés, de la fragmentation de l’autorité publique et de l’impunité persistante.

L’analyse ne peut néanmoins écarter les sanctions internationales qui entourent l’ancien chef de l’État. Michel Martelly a été visé par des mesures prises notamment par le Canada, les États-Unis et l’Union européenne pour des faits présumés liés au financement de gangs, au trafic de stupéfiants, au blanchiment d’argent et à l’utilisation de groupes armés à des fins politiques ou économiques.

Ces sanctions ne valent pas condamnation pénale en Haïti. Elles soulèvent toutefois une question majeure : comment rétablir la confiance électorale lorsque des personnalités aussi controversées réapparaissent sur la scène publique sans que les institutions judiciaires ne fournissent de réponses claires à la population ?

Le problème dépasse le cas Martelly. Il touche à l’incapacité de l’État à établir une séparation crédible entre influence politique, pouvoir économique, réseaux armés et justice.

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