Après les Etats-Unis et la Chine, la France et l’Allemagne devraient rejoindre, début 2029, le club très fermé des nations ayant opéré un rover dans le système martien. Toutefois, à la différence de leurs prédécesseurs, Idefix, nommé en hommage au petit personnage des bandes dessinées de Goscinny et d’Uderzo, ne roulera pas sur le sol de la Planète rouge, mais bien sûr celui de Phobos, un de ses deux satellites naturels. Lancé à bord de la mission japonaise MMX, qui doit décoller lundi 19 octobre du centre spatial de Tanegashima, ce petit rover développé conjointement par le Centre national d’études spatiales (CNES) et le Centre aérospatial allemand (DLR) devrait devenir le premier engin spatial à rouler à la surface d’un petit corps, en microgravité. Un milieu difficile que même les ingénieurs américains du Jet Propulsion Laboratory, qui ont pourtant conçu les célèbres Curiosity et Perseverance, n’ont jamais eu à affronter.
« Vivre sur Phobos est difficile, parce qu’il fait très froid la nuit et très chaud le jour, il n’y a pas d’atmosphère, la gravité est faible et on est loin du Soleil, ce qui signifie qu’on n’a pas beaucoup d’énergie. Quand vous assemblez tout ça, vous avez un projet compliqué !, en rit encore Julien Baroukh, le chef de projet d’Idefix au CNES. On essaie de démontrer qu’il est possible de rouler sur un corps avec une gravité aussi faible. On parle de 2 000 fois moins que sur Terre. C’est quelque chose qui n’a jamais été fait », poursuit-il plus sérieusement. Avec une gravité si faible sur Phobos et l’attraction voisine de Mars, y atterrir exige une délicatesse extrême, sans quoi le rover pourrait facilement rebondir et ne plus jamais toucher la surface grise du satellite.
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