À Koutiala, ville située dans le sud-est du Mali, à environ 400 kilomètres de la capitale, Bamako, les pistes rurales autrefois animées ont perdu de leur effervescence habituelle. Pour de nombreux habitants, la moto n’est pas un simple moyen de transport : elle est devenue indispensable à la vie quotidienne.
Karim, commerçant de céréales, dépend de son engin pour approvisionner plusieurs villages de la région : “Ma moto [est] mon outil de travail. C’est grâce à elle que je transporte mes marchandises. Si je dois louer un véhicule pour chaque déplacement, les coûts vont exploser. Je ne peux même pas m’offrir ce luxe.”
Au-delà des difficultés économiques, certains habitants remettent en cause la pertinence de la mesure. Aminata, rencontrée dans un quartier populaire de Koutiala, exprime un sentiment de lassitude partagé par de nombreux Maliens : “Les autorités nous demandent toujours de faire des sacrifices. Les prix augmentent, l’électricité manque, le carburant devient difficile à trouver et maintenant on nous retire notre principal moyen de déplacement.”
Le petit commerce est aussi à l’arrêt
Sous les hangars et dans les cours des maisons, des centaines de motos sont désormais immobilisées pour une durée d’au moins un an renouvelable. Pour les mécaniciens, cette inactivité prolo
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