La terre a fortement tremblé dans l’est de l’Indonésie, samedi 15 août matin. Un séisme de magnitude 7,7 a fait au moins deux morts et poussé des milliers d’habitants des côtes à évacuer, avant que les autorités ne lèvent leur alerte au tsunami.
L’épicentre du séisme, qui s’est produit à 5 h 58 locales (23 h 58 vendredi à Paris) à une faible profondeur au nord de l’île de Florès, se trouve à 68 kilomètres de la ville d’Ende, dans la province du Nusa Tenggara Oriental, selon l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis (USGS).
« Soudain, ça a commencé à secouer et j’ai paniqué », a témoigné auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Lukas Lotar, responsable de service de gestion des patients dans un hôpital. « Des patients ont aussi fui l’hôpital, le séisme était fort. J’ai vu que des murs s’étaient fissurés », a-t-il affirmé.
Plusieurs répliques ont frappé, dont une de magnitude 6,1. Le vaste archipel indonésien connaît une activité sismique et volcanique fréquente en raison de sa position sur la ceinture de feu du Pacifique.
« A ce stade, il y a deux décès signalés, un homme et une femme », a déclaré à la presse, à Djakarta, un porte-parole de l’agence chargée de la gestion des catastrophes, Berton Suar Pelita Panjaitan.
« Les gens paniquaient, couraient dans tous les sens »
Après avoir mis en garde contre un risque de tsunami avec des vagues d’un demi-mètre à trois mètres dans les provinces du Nusa Tenggara oriental, occidental, et du Sulawesi du Sud, les autorités ont levé l’alerte. « Mais nous allons continuer de surveiller le niveau de la mer », a assuré en conférence de presse Wijayanto, directeur du département séismes et tsunami à l’agence de météorologie, de climatologie et de géophysique nationale.
Les habitants de la zone avaient été auparavant appelés à s’éloigner des côtes, ou à rejoindre les hauteurs. La mer était en train de refluer, ce qui peut précéder un tsunami. Sur l’île de Florès, un correspondant de l’AFP a vu des habitants du village de Maumere en train de quitter les lieux.
« La secousse était forte. Heureusement, nous étions déjà à l’extérieur », a raconté à l’AFP Yohanes Babo, qui était au marché quand la terre s’est mise à trembler. « Les gens paniquaient, couraient dans tous les sens. Nous évacuons pour le moment (…) et essayons de rejoindre les hauteurs », a ajouté cet homme de 56 ans, habitant de Nagekeo.
Un séisme de magnitude 6,2 avait déjà frappé l’est de l’archipel indonésien début juillet, sans faire de victimes ni de dégâts majeurs. En 2018, 2 200 personnes avaient été tuées à Palu, ville d’environ 400 000 habitants et capitale de la province de Sulawesi central, par un séisme de magnitude 7,5 suivi d’un tsunami. La même année, plusieurs secousses avaient fait quelque 550 morts sur l’île touristique de Lombok et dans la région de Sumbawa (centre sud).
Et en 2004, l’Indonésie a connu l’une des pires catastrophes sismiques de son histoire avec le séisme de magnitude 9,1 qui avait frappé au large de la grande île de Sumatra, dans l’Ouest, déclenchant un terrible tsunami responsable de la mort de 170 000 personnes dans le pays et d’environ 50 000 autres dans des pays voisins.