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Jean-Ricner Bellegarde: un papa d’Aquin, un rêve de Mondial

Né en banlieue parisienne l’année où la France soulevait sa première Coupe du monde, il aurait pu grandir sous le maillot de l’équipe de France. À l’été 2025, le milieu de Wolverhampton a tranché : ce sera Haïti, le pays de son père et de sa mère. Jean-Ricner Bellegarde voit le jou

Jean-Ricner Bellegarde: un papa d’Aquin, un rêve de Mondial
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9 juin 2026
Jean-Ricner Bellegarde: un papa d’Aquin, un rêve de Mondial
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Jean-Ricner Bellegarde: un papa d’Aquin, un rêve de Mondial

  • by Rezo Nodwes
  • 9 juin 2026
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Né en banlieue parisienne l’année où la France soulevait sa première Coupe du monde, il aurait pu grandir sous le maillot de l’équipe de France. À l’été 2025, le milieu de Wolverhampton a tranché : ce sera Haïti, le pays de son père et de sa mère.

Jean-Ricner Bellegarde voit le jour le 27 juin 1998 à Colombes, une ville de la banlieue de Paris, quelques semaines avant le premier sacre mondial de la France. Vingt-sept ans plus tard, le milieu de terrain possède deux passeports, français et haïtien, mais un seul choix de cœur en sélection. Surnommé « Jean-Jean » par ses proches, il porte aujourd’hui les couleurs d’Haïti, le pays de ses deux parents. Derrière le footballeur de haut niveau se cache une histoire de famille, partie du Sud d’Haïti pour bâtir un avenir en région parisienne.

Un père d’Aquin
Le joueur est né en France, mais ses racines plongent dans le Sud d’Haïti. Son père est originaire d’Aquin, dans le département du Sud. En novembre 2025, au moment de la qualification d’Haïti à la Coupe du monde 2026, une vidéo de ce père tourne en boucle sur les réseaux sociaux. Visiblement ému, il s’exprime en créole : « Mwen fyè de mon fils. Mwen soti Aquin… nan sud. » Quelques mots, parfois entrecoupés d’émotion, qui ont suffi à rappeler à tout un peuple d’où venait ce nouveau visage de la sélection nationale.

La mère de Jean-Ricner est, elle aussi, d’origine haïtienne. Le média Faces of Haiti, dont les informations ont été reprises par la presse anglaise, le présente comme « né en France de parents haïtiens ». Cette double filiation pèse lourd sur le plan sportif : c’est elle qui lui a permis de rejoindre les Grenadiers sans passer par une procédure de naturalisation longue et compliquée. En clair, le sang haïtien de son père et de sa mère lui ouvrait directement la porte de la sélection, dès l’instant où il déciderait d’y répondre.

Une famille qu’il garde pour lui
L’enfance de Jean-Ricner se déroule à Villetaneuse, une commune populaire au nord de Paris, dans le département que les Français surnomment « le 93 ». C’est là qu’il tape ses premiers ballons, sur le bitume et les terrains de quartier. Devenu professionnel, l’homme protège sa vie privée avec soin. Pendant des années, il n’a presque rien laissé filtrer sur ses proches, préférant laisser parler le terrain plutôt que d’exposer les siens sous les projecteurs du football européen, où chaque détail finit souvent à la une.

l faudra attendre le soir de la qualification d’Haïti à la Coupe du monde 2026, le 18 novembre 2025, pour qu’il s’ouvre un peu. Sur son compte Instagram, suivi par plus de 200 000 personnes, il présente d’abord son choix comme un engagement pris envers tout un groupe, une équipe, une famille et sa nation. Vient ensuite une dédicace devenue célèbre auprès des supporters haïtiens : « Mention spéciale à ma femme, mon fils, mon père, ma mère et mes frères », qu’il remercie de l’avoir soutenu dans sa décision.

D’après plusieurs médias haïtiens, sa compagne et leur fils vivraient à ses côtés en Angleterre, dans la région de Wolverhampton, là où il évolue. Son père, lui, est devenu malgré lui une figure des réseaux sociaux haïtiens après cette qualification au Mondial 2026. Pour la Diaspora, il incarne toutes ces familles parties de la province, loin de la capitale, pour bâtir un avenir à l’étranger. Entre la banlieue parisienne où il a grandi et le Sud d’Haïti d’où vient son père, Jean-Ricner avance avec deux héritages.

Sur ses convictions personnelles, le joueur cultive le mystère. En 2024, lors d’un stage de son club aux Émirats arabes unis, il a visité la grande mosquée Cheikh Zayed d’Abou Dhabi, ce qui a nourri des rumeurs jamais confirmées par l’intéressé. Il garde surtout un rêve : fouler enfin le sol haïtien. Car, comme presque tous ses coéquipiers, Jean-Ricner n’a jamais pu se rendre en Haïti, l’insécurité des gangs rendant le pays inaccessible. « J’espère, avant la Coupe du monde, pouvoir aller un jour en Haïti et célébrer ensemble », confiait-il en juin 2026.
Du quartier à la Premier League

Sur le terrain, le parcours de Bellegarde est celui d’une ascension patiente. Repéré dans son club de quartier à Villetaneuse, il passe par Le Mans, dans l’ouest de la France, avant d’intégrer à quinze ans le centre de formation lensois, La Gaillette, dans le nord de la France. C’est là que les éducateurs lui collent le surnom de « Jean-Jean ». Il dispute son premier match professionnel en 2016, puis s’impose au milieu de terrain comme un relayeur infatigable. Son entraîneur lui confie même, un temps, le brassard de capitaine.

Sous le maillot lensois des Sang et Or, il dispute environ 74 matchs pour 7 buts et participe à la remontée du club vers l’élite. À l’été 2019, il franchit un cap en signant au RC Strasbourg, dans l’est de la France, où il découvre le championnat français, la Ligue 1, et goûte à une grande coupe européenne, la Ligue Europa. En quatre saisons, il s’y impose comme l’un des milieux les plus en vue du pays, reconnu pour son volume de course et sa frappe puissante, au point d’attirer les recruteurs étrangers.

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