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Justice | le consul Stephen Junior Cherenfant réhabilité : la caisse du consulat de Santiago ne pouvait servir de portefeuille à la famille Vertilaire

PORT-AU-PRINCE, 23 juillet 2026 (Rezo Nòdwès) — La justice administrative a fini par présenter l’addition à l’État haïtien. Révoqué après avoir refusé, selon les pièces du dossier, de financer sur les ressources du Consulat général d’Haïti à Santiago des dépenses liées au vo

Justice | le consul Stephen Junior Cherenfant réhabilité : la caisse du consulat de Santiago ne pouvait servir de portefeuille à la famille Vertilaire
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23 juillet 2026
Justice | le consul Stephen Junior Cherenfant réhabilité : la caisse du consulat de Santiago ne pouvait servir de portefeuille à la famille Vertilaire
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Justice | le consul Stephen Junior Cherenfant réhabilité : la caisse du consulat de Santiago ne pouvait servir de portefeuille à la famille Vertilaire

  • by Rezo Nodwes
  • 23 juillet 2026
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PORT-AU-PRINCE, 23 juillet 2026 (Rezo Nòdwès) — La justice administrative a fini par présenter l’addition à l’État haïtien. Révoqué après avoir refusé, selon les pièces du dossier, de financer sur les ressources du Consulat général d’Haïti à Santiago des dépenses liées au voyage privé de la famille d’Emmanuel Vertilaire, Stephen Junior Cherenfant doit être réintégré immédiatement et sans condition dans ses fonctions de consul.

La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) a déclaré illégale la décision ayant écarté le diplomate de son poste. L’État haïtien, reconnu fautif, devra non seulement lui restituer ses attributions, ses droits et les privilèges attachés à sa fonction, mais également lui verser une indemnité équivalant à douze mois de salaire, outre les frais et dépens de l’instance. La CSCCA avait préalablement fixé au 2 juillet 2026 l’audition de l’affaire opposant Stephen Cherenfant au ministère des Affaires étrangères.

Sous réserve de la publication intégrale de l’arrêt, le dispositif rapporté constitue un désaveu juridictionnel sévère pour l’administration publique. La révocation n’est plus seulement contestée sur le terrain politique : elle est frappée d’illégalité par la juridiction compétente en matière de contentieux administratif. Le contribuable haïtien devra désormais payer la réparation financière d’une mesure prise par l’État contre un fonctionnaire qui affirmait avoir protégé les deniers publics.

Rezo Nòdwès avait publié, le 30 décembre 2025, les principaux éléments d’une note explicative datée du 22 décembre et émanant du consulat de Santiago. Stephen Junior Cherenfant y retraçait l’arrivée en République dominicaine de l’épouse et des enfants d’Emmanuel Vertilaire, alors membre du Conseil présidentiel de transition. Le diplomate disait avoir fourni une assistance initiale en raison de l’heure tardive et des contraintes migratoires rencontrées à la frontière de Dajabón.

L’affaire avait changé de nature lorsque, selon ce rapport, il avait été demandé au consulat de prendre en charge quatre chambres dans un établissement de catégorie Marriott ainsi que des dépenses liées à des activités personnelles. Stephen Junior Cherenfant avait opposé un refus fondé sur les règles de la comptabilité publique : aucune ligne budgétaire consulaire ne permettait de financer le séjour touristique ou les achats personnels de la famille d’un détenteur de l’autorité publique.

Le consul avait pourtant déjà mobilisé les moyens disponibles pour faciliter les formalités migratoires, assurer un hébergement temporaire et mettre un chauffeur à la disposition des voyageurs. Son refus ne portait donc pas, selon sa version, sur une assistance consulaire ordinaire, mais sur la transformation d’un service diplomatique en agence de voyage privée, avec l’argent de la République comme moyen de paiement.

La décision de la CSCCA donne aujourd’hui une portée institutionnelle considérable à ce refus. La caisse du consulat n’était pas la poche d’Emmanuel Vertilaire, pas davantage que le budget de l’État ne pouvait devenir le portefeuille de sa famille. Un fonctionnaire n’est pas juridiquement tenu d’exécuter une instruction qui l’obligerait à engager des dépenses étrangères à leur affectation légale. Le principe demeure élémentaire : nemo dat quod non habet — nul ne peut disposer d’un pouvoir qu’il ne détient pas.

La Cour condamne formellement l’État, non Emmanuel Vertilaire à titre personnel. Cette distinction juridique doit être maintenue. Toutefois, la chronologie rapportée par le consul, son refus de décaisser les fonds et sa révocation subséquente composent un enchaînement politiquement accablant. L’arrêt administratif répare la situation professionnelle de Cherenfant, mais il laisse entière la question de la responsabilité des autorités ayant provoqué, recommandé ou validé son éviction.

Le dossier revient également frapper Emmanuel Vertilaire au moment où l’ancien conseiller présidentiel tente de se redéfinir comme dirigeant de « centre gauche ». En mai 2026, il a présenté son parti, Patriotes Unis pour Sauver Haïti (PUSH), comme une formation sociale-démocrate attachée à la rigueur, à l’intégrité et au bien commun. Il affirmait alors que « la politique ne peut plus être un espace réservé à des intérêts privés ou à des calculs de groupes ».

Rarement déclaration politique aura trouvé une réponse aussi embarrassante dans un dossier administratif. Celui qui promet aujourd’hui de séparer l’action publique des intérêts privés avait exercé le pouvoir au sein d’un CPT constitué ex nihilo, en dehors de l’architecture ordinaire de la Constitution de 1987, sans mandat électif direct et sans contrôle parlementaire effectif. Le cas de Santiago montre précisément le danger d’une autorité sans contrepoids : le fonctionnaire qui dit non peut être écarté, tandis que la réparation de l’abus est laissée, plusieurs mois plus tard, à la charge du Trésor public.

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