C’est un coup de tonnerre dans la géopolitique régionale, dont les conséquences sont encore incertaines. L’Algérie a décidé, jeudi 10 septembre, de rompre ses relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis, en invoquant une « multiplication d’agissements provocateurs ou hostiles » de la part d’Abou Dhabi, selon les termes d’un communiqué du ministère des affaires étrangères à Alger. Celui-ci ne précise pas la nature de ces actes inamicaux imputés à la pétromonarchie. Toutefois, le ton n’avait cessé de monter entre les deux pays, à mesure que l’implication croissante des Emirats dans une série de foyers de crise au Sahel entrait en collision avec les intérêts algériens.
Du Soudan au Mali, en passant par le Niger et la Libye, Abou Dhabi soutient, en effet, des forces politico-militaires que l’Algérie considère comme une menace stratégique. Sans compter, bien sûr, la connivence consolidée, à la fin de 2020, entre les Emirats et le Maroc dans le cadre des accords dits « d’Abraham » de normalisation diplomatique avec Israël. Etabli au moment où le conflit autour du Sahara occidental resurgissait, au point de provoquer la rupture diplomatique entre Alger et Rabat, cet axe émirato-marocain, adossé au soutien d’Israël, a enflammé en Algérie la hantise d’une conjuration hostile s’employant à fragiliser ses frontières.
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