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L’Australie se demande comment sauver ses forêts d’eucalyptus ancestrales : « Nous devons absolument arrêter d’y toucher »
Par Isabelle Dellerba (Perth [Australie], envoyée spéciale)ReportageLes forêts de jarrahs, une famille d’eucalyptus pouvant atteindre 40 mètres de haut, s’étendent sur une vaste région au sud-ouest de l'île-continent. Cet écosystème vieux de 20 millions d’années est fragilisé par le changement climatique, et les scientifiques sont divisés sur les moyens de renforcer sa résilience.
Quand un cri rauque et métallique perturbe le murmure de la forêt, les quatre scientifiques du département de la biodiversité et de la conservation et des attractions d’Australie-Occidentale (DBCA) tournent instantanément leurs regards vers la cime des arbres. « Il est sur cette branche, regardez, c’est un cacatoès banksien ! », s’exclame l’un d’eux en désignant un perroquet au plumage noir et à la queue striée de bandes rouges qui décortique bruyamment une graine de marri, un arbre donnant des fruits en forme de cloche, très répandu dans les forêts de jarrahs.
Cet écosystème vieux de 20 millions d’années, qui s’ouvre aux portes de Perth, la capitale de l’Australie-Occidentale, pour s’étendre sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés dans le sud-ouest de l’île-continent, est dominé par les jarrahs, un nom d’origine aborigène qui désigne les eucalyptus marginata. Présents uniquement dans cette région du pays, ces arbres pouvant atteindre une quarantaine de mètres de hauteur sont reconnaissables à leur écorce épaisse et à leurs feuilles aux bordures soulignés d’une fine nervure.
Les forêts de jarrahs, qui se divisent en deux zones (la Northern Jarrah Forest et la Southern Jarrah Forest) appartiennent au Southwest Australia Biodiversity Hotspot, l’un des 36 hauts lieux mondiaux de la biodiversité reconnus par les biologistes de la conservation pour leur concentration exceptionnelle d’espèces endémiques mais aussi pour leur vulnérabilité. En Australie, un débat houleux autour des moyens d’assurer leur survie dans le contexte du réchauffement climatique déchire la communauté scientifique.
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