Dans l’œil d’un pigeon placide, il faut regarder le tyrannosaure qui s’ignore. Car « les oiseaux sont des dinosaures », assène Steve Brusatte dans son dernier livre, L’Envol des oiseaux, qui succède à ses remarquables Le Triomphe et la Chute des dinosaures et Le Triomphe et le Règne des mammifères (Quanto, 2024). Avec enthousiasme, le paléontologue américain démontre comment, du jurassique, il y a 150 millions d’années, à nos jours, la lignée aviaire parmi les dinosaures a engendré une diversité d’oiseaux : de 10 000 à 20 000 espèces, contre 6 500 chez les mammifères.
« De nombreux traits si caractéristiques des oiseaux actuels se sont mis en place peu à peu chez différents ancêtres dinosauriens, sur des dizaines de millions d’années. Les plumes, les ailes, la furcula, les poumons efficaces, les os creux, les œufs colorés à coquille dure et la couvaison active au nid sont ainsi apparus séparément, l’un après l’autre. » Par exemple, les plumes, excroissances complexes de l’épiderme, recouvraient déjà de petits dinosaures, les cœlurosauriens. Elles ornaient aussi « la Joconde de la paléontologie », comme l’auteur désigne le premier fossile d’Archaeopteryx, découvert en Allemagne en 1861.
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