Arrivé à Pékin jeudi 8 octobre, le commissaire européen au commerce et à la sécurité économique, Maros Sefcovic, doit y faire passer le message du ras-le-bol. L’excédent commercial de la Chine avec l’Union européenne (UE) gonfle à présent de près de 1 milliard d’euros par jour. « Il mène à la désindustrialisation dans le cœur industriel de l’Europe. Ce n’est pas tenable », a encore prévenu la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, mi-septembre. Faute de changement rapide, doit-il faire comprendre, la Chine et l’Europe se dirigent vers un sérieux accrochage commercial.
La bascule, comme souvent dans les affaires européennes, vient d’Allemagne. La presse y a évoqué, avant l’été, des licenciements massifs chez Volkswagen (jusqu’à 100 000 emplois) et la fermeture de quatre sites, du fait de la concurrence en Europe des voitures chinoises et de la perte d’intérêt des conducteurs chinois pour les marques allemandes. Après avoir imposé des droits de douane sur ses véhicules électriques, l’UE envisage, pour réduire l’hémorragie, d’exiger de la Chine qu’elle limite ses exportations de voitures hybrides, qui seraient plafonnées à environ 15 % du marché européen, contre 30 % des ventes actuellement.
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