Une démonstration “formalisée” du dernier théorème de Fermat a été élaborée par un prototype avancé du modèle d’intelligence artificielle (IA) Claude. C’est ce qu’a annoncé, le 4 septembre, Anthropic, l’entreprise qui l’a développé.
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“Il n’a fallu que 11 jours à plusieurs agents d’IA [travaillant ensemble] pour accomplir cette mission et confirmer que la preuve apportée par un humain dans les années 1990 était correcte”, rapporte l’hebdomadaire New Scientist. Le dernier théorème de Fermat, énoncé en 1637 par le mathématicien français Pierre de Fermat, avait obsédé les esprits les plus brillants pendant des siècles jusqu’à ce qu’Andrew Wiles en apporte la démonstration en 1995.
Son énoncé est assez simple. Il stipule qu’il n’existe pas de nombre entier positif a, b et c qui vérifient l’équation suivante : aⁿ + bⁿ = cⁿ, où n est un entier supérieur à 2. Si sa démonstration particulièrement complexe a pris du temps, la méthode pour la traduire en langage informatique n’avait pas encore été trouvée.
Or, depuis quelques mois, l’IA accomplit des progrès phénoménaux dans toutes les branches des mathématiques, longtemps considérées comme l’apanage du génie humain. Désormais, assure Nature, “des IA sont notamment capables de ‘formaliser’ des démonstrations, c’est-à-dire de traduire des arguments mathématiques formulés en langage naturel en des lignes de code vérifiables par ordinateur, généralement dans le langage de programmation Lean”.
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Je m’abonne“Complètement scié”
La prouesse de Claude ne réside donc pas, ici, dans la démonstration d’un théorème, mais bien dans sa traduction en langage informatique. “D’après [Kevin Buzzard] le mathématicien rémunéré pour accomplir la même chose, ce résultat [de Claude] ne dit rien des mathématiques et tout du potentiel nouveau de la formalisation”, souligne le site d’information The Next Web.
Depuis 2024, ce mathématicien de l’Imperial College de Londres, pilote un projet collaboratif visant à développer les méthodes nécessaires à la formalisation du dernier théorème de Fermat. Sans succès jusqu’à présent. C’est donc à lui qu’Anthropic a confié son résultat. “ [Kevin Buzzard] a lui-même compilé le code d’Anthropic et l’a soumis à l’outil standard de vérification. Puis il a annoncé la nouvelle sur son blog avec le titre : ‘Anthropic y est arrivé avant moi’”, relaie The Next Web.
Interrogé par la revue britannique Nature, Alex Kontorovich, un théoricien des nombres à l’université Rutgers à Piscataway (dans le New Jersey) admet : “le fait qu’une machine puisse donner à l’œuvre de mathématiciens humains la forme d’une démonstration irréfutable en treize millions de lignes m’a complètement scié.”
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