The Economist le présente comme l’équivalent pour les devises du “grand K”, le prototype international du kilo (IPK), conservé au pavillon de Breteuil, à Sèvres, près de Paris : une sorte d’étalon universel qui permet de mesurer le pouvoir d’achat des monnaies. Créé en 1986, l’indice Big Mac reste un indicateur précieux pour comprendre les problèmes économiques, soutient l’hebdomadaire britannique.

À l’heure où l’inflation américaine, la sous-évaluation chronique du yuan chinois et la chute du yen japonais n’en finissent pas d’accentuer les déséquilibres monétaires, sa une datée du 1er août titre sur “L’embrouille monétaire mondiale [avec un jeu de mots sur beef] : les leçons de 40 ans d’indice Big Mac”.

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Présent dans plus d’une centaine de pays, le Big Mac de McDonald’s est composé partout des mêmes ingrédients, et son goût est partout le même. “On pourrait donc s’attendre à ce que son prix soit également partout le même. Or ce n’est pas le cas, et cela révèle quelque chose sur la valeur véritable des devises”, explique The Economist.

Un outil parmi d’autres

Aux États-Unis, un Big Mac coûte 6,22 dollars. Convertie en francs suisses, la somme donne 5,02 francs. Or ce montant ne permet pas d’acheter le même burger à Bâle, où le Big Mac est affiché à 7,30 francs. Avec l’équivalent de 6,22 dollars, “vous n’auriez assez de francs que pour 70 % d’un burger. Cela signifie que le franc suisse est surévalué : il est plus cher qu’il ne devrait l’être, compte tenu de son pouvoir d’achat en burgers”, en déduit The Economist.

Autre exemple. À Taipei, 6,22 dollars américains valent 200 dollars de Taïwan. Là-bas, la somme est largement suffisante pour se payer un Big Mac, on peut même s’acheter deux burgers et demi. “Cela signifie que le dollar taïwanais est sous-évalué : il est moins cher qu’il ne devrait l’être, compte tenu de son pouvoir d’achat.”

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The Economist reconnaît que définir le pouvoir d’achat d’une monnaie par le nombre de Big Mac qu’elle permet d’acheter est un principe qui ne fait pas l’unanimité chez les économistes.

Pour comparer le niveau de vie entre les pays, il existe d’autres outils et “il est évidemment préférable de comparer le prix de milliers de produits plutôt que d’un seul”. Mais les mesures du pouvoir d’achat compilées par la Banque mondiale ne sont publiées que tous les trois ans, et les données qu’elles livrent ne sont pas évidentes à interpréter. “L’indice Big Mac est plus rapide, plus actuel et plus facile à comprendre”, fait valoir le journal.

Preuve de son efficacité, l’indice Big Mac a souvent été imité, et de nombreuses variantes ont été testées. “Un indice comparant le prix d’un café latte de Starbucks dans différents pays, un autre fondé sur le prix des étagères Billy d’Ikea, un troisième sur celui des iPod, iPad et iPhone d’Apple.” En 1991, l’Union de banques suisses (UBS) a même utilisé le Big Mac pour comparer les salaires dans le monde, “calculant le temps nécessaire à un travailleur moyen pour gagner l’équivalent du prix d’un burger-frites”.