Le quotidien et les travers de la petite bourgeoisie ont longtemps été un sujet prisé surtout du cinéma d’art et d’essai : des spectateurs privilégiés adoraient s’y retrouver sur grand écran. De nos jours, avec l’évolution de l’image et de la réalité de la quarantaine, et celle de la sociologie des spectateurs, ces films ont pour ainsi dire disparu. L’Invitation est donc tout à la fois un vent de fraîcheur et le souvenir d’un temps révolu – comme un film pour ceux qui redouteraient d’être démodés.

Cette réalisation d’Olivia Wilde, qui avait retenu notre attention au Festival de Sundance en janvier [2026], se confirme comme l’une des meilleures comédies dramatiques de l’année. Dans sa volonté de passer vraiment en revue ce qu’il en coûte émotionnellement d’être un adulte aujourd’hui, c’est un film audacieux, où l’on rit (jaune) de se reconnaître.

On découvre nos héros Angela et Joe, incarnés par Olivia Wilde et Seth Rogen, alors qu’ils se retrouvent en fin de journée chez eux, à San Francisco. Lui rentre de son boulot d’enseignant, qu’il déteste, elle a passé la journée à ranger et à organiser le dîner prévu ce soir-là, et dont elle l’a peut-être mis au courant – ou pas. Leur fille fait une soirée pyjama chez une copine, et les deux époux ne semblent plus trop savoir comment se c