L’Iran suit avec attention le mouvement lycéen qui agite la France, pointant particulièrement du doigt l’action du gouvernement et de la police. “Face à la dégradation des écoles et au manque d’enseignants, l’État français a choisi sa réponse : le déploiement des forces antiémeutes violentes”, peut-on lire dans le quotidien anglophone iranien Tehran Times, très proche du gouvernement iranien.
Le mouvement lycéen a même été commenté par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaeil Baghaei. Lors du mouvement de contestation contre le régime en janvier, la France avait appelé l’Iran “à garantir le ‘droit de manifester pacifiquement sans crainte de représailles’ et à faire preuve de retenue dans sa réponse aux manifestations”, écrit-il en français sur son compte X.
Mais devant les manifestations lycéennes, les autorités françaises semblent “beaucoup moins enclines à la retenue”. Et Esmaeil Baghaei de s’interroger :
“Pourquoi les mêmes comportements et les mêmes critères sont-ils interprétés d’une manière lorsque le manifestant se trouve en Iran, et d’une autre lorsqu’il se trouve en France ?”
“Campagne de désinformation”
Téhéran ne s’est pas arrêté à de simples déclarations sur les réseaux sociaux. Le 6 octobre, le ministère des Affaires étrangères iranien a convoqué l’ambassadeur de France à Téhéran, Pierre Cochard, pour protester contre “la violente répression du gouvernement français contre les manifestations lycéennes et les nombreux cas de violation flagrante des droits de l’homme”, appelant au “respect des libertés fondamentales du peuple français”, comme l’écrit l’agence iranienne Fars.
Une convocation “infondée”, a réagi Paris. En réaction à la “campagne de désinformation […] totalement inacceptable” menée par les autorités iraniennes, le ministère des Affaires étrangères français a convoqué l’ambassadeur d’Iran à Paris, Mohammad Amin-Nejad.
Ces condamnations iraniennes interviennent “malgré les mesures répressives sévères mises en œuvre par la République islamique lors des manifestations antigouvernementales de janvier, au cours desquelles des organisations de défense des droits humains ont signalé que des milliers de personnes avaient été tuées”, comme l’écrit le site iranien en exil IranWire.
Téhéran reconnaît plus de 3 000 morts, les imputant néanmoins à des “actes terroristes” orchestrés par les États-Unis et Israël, mais certaines ONG estiment que le bilan pourrait se compter en dizaines de milliers de morts.
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