“Nous, le peuple sahraoui dont les terres ont servi au tournage de L’Odyssée, vivons notre propre odyssée brutale depuis plus de cinquante ans.” Dans les colonnes du Guardian, Mohamed Sleiman Labat ne cache pas son amertume après la sortie, le 15 juillet, du film de Christopher Nolan. Une partie a été tournée dans ce territoire, considéré comme non autonome, qui figure toujours sur la liste officielle des territoires en attente de décolonisation selon la qualification onusienne.
Avec un budget annoncé de 250 millions de dollars, soit près de 219 millions d’euros, L’Odyssée est prévue pour être le succès de l’été. Mais pour cet artiste sahraoui, lui-même exilé dans les camps de réfugiés situés dans le Sud-Ouest algérien, cette grosse production hollywoodienne vient surtout “blanchir” ce qu’il dénonce comme une “occupation marocaine” de sa terre.
Ce territoire est majoritairement contrôlé par le Maroc depuis le retrait de l’Espagne de son ancienne colonie en 1975. Un morceau du territoire, à l’est, est contrôlé par le mouvement indépendantiste du Front Polisario, soutenu par l’Algérie.
Déjà des militants et des cinéastes sahraouis ont appelé au boycott du film, indique Middle East Eye.
“Une image romantique et touristique”
Dans sa tribune publiée par le Guardian, Mohamed Sleiman L
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