Mexico s’insinue dans les oreilles de ses habitants, qu’ils le veuillent ou non. Et ses sons n’appartiennent à aucune autre ville. C’est l’une des dix capitales à la plus forte pollution sonore du monde, du fait de ses flux de voitures, de ses klaxonneurs compulsifs, de ses travaux. Mais ce bruit de fond malsain n’arrive pas à masquer tout le paysage sonore qui caractérise la ville et la traverse. Ce paysage, on ne le trouve pas seulement dans la rue, il se glisse aussi dans les maisons et les souvenirs, formant un mélange unique.

C’est le crépitement de la plancha sur laquelle on prépare des tacos, des œufs et toutes sortes de petits déjeuners dans n’importe quelle rue, presque à toute heure, invitant des inconnus à manger ensemble, debout. C’est le sifflement du rémouleur qui fait la tournée des différents quartiers, qu’ici on appelle des “colonies”. Le crissement strident du petit chariot qui vend des patates douces grillées, bruit qui depuis le canapé ressemble à celui d’un train à vapeur sur le point de démarrer. L’appel de celui qui tous les soirs à la même heure circule à bicyclette, muni d’un mégaphone, pour proposer de l’atole tout chaud”, une boisson à base de farine de maïs, mélangée à de l’eau ou du lait.

Le “refrain obsédant d’une camionnette”

Une clochette incroya