Tout commence en 2025 par la découverte d’un squelette humain presque entièrement desséché, allongé à plat ventre sur le carrelage d’une maison en Martinique. La porte est verrouillée. Tout indique que la maison est restée fermée depuis 2020 : le courrier s’entasse derrière la porte, les factures cessent cette année-là et le calendrier mural n’indique aucune date postérieure. Aucune trace d’effraction ni aucun signe de lutte.
Un détail attire l’attention : la pièce est principalement meublée de mobilier en métal et en plastique. Dans la maison, le bois n’est présent que dans l’escalier, les volets, la rambarde de l’étage et la charpente du toit. Les restes osseux reposent directement sur le sol carrelé.
L’identification médico-légale permet d’estimer l’âge de la personne au moment de sa mort. Les résultats convergent vers un âge compris entre la fin de la quarantaine et le début de la cinquantaine. Sa taille est estimée à environ 1,71 m. L’examen du bassin indique qu’il s’agit d’une femme. Son identité est finalement confirmée par comparaison des images de scanner réalisées avant et après la mort.
Des lésions osseuses très inhabituelles
Une anomalie va rapidement concentrer toute l’attention des médecins légistes. Les vertèbres cervicales C3 à C6, c’est-à-dire les troisième à sixième vertèbres de la région du cou, présentent une destruction osseuse considérable. L’atteinte est remarquablement ciblée : elle touche les corps vertébraux, c’est-à-dire la partie antérieure des vertèbres, tandis que le reste des vertèbres est pratiquement intact.
L’aspect des quatre vertèbres est saisissant. L’os a pris un aspect alvéolaire spectaculaire, comme s’il avait été transformé en une fragile architecture en nid d’abeilles. Plus de 60 % du volume initial des travées osseuses a disparu. Les parois internes des cavités sont lisses, comme polies.
Par ailleurs, la corticale - la couche externe, dure et dense, de l’os - est percée d’orifices qui mesurent de 2 à 10 mm et communiquent avec des cavités situées à l’intérieur des vertèbres. L’os semble avoir été évidé. La tête du condyle mandibulaire (extrémité arrondie de la mâchoire inférieure droite), qui s’articule avec le crâne, présente le même type de destruction.
L’os hyoïde, petit os situé au-dessus du larynx, à la partie antérieure du cou, est fracturé dans sa partie supérieure (grande corne droite). Cette branche osseuse a purement et simplement disparu. Le fragment manquant n’apparaît pas sur les images du scanner et reste introuvable après le tamisage minutieux des restes osseux.
En médecine légale, une fracture de l’os hyoïde est un signe d’alerte, car elle peut être observée en cas de strangulation. Elle peut également résulter d’autres mécanismes traumatiques, comme une chute. Mais ici, rien ne permet de retenir une telle origine.
Une question devient centrale : qu’est-ce qui a détruit les vertèbres cervicales ?
Les principales hypothèses pathologiques
Face à de telles lésions osseuses, les médecins commencent par rechercher une maladie susceptible de provoquer une ostéolyse, c’est-à-dire une destruction de l’os. Ils entreprennent donc un diagnostic différentiel, qui consiste à passer en revue les différentes pathologies susceptibles de produire ce type de lésion.
Lorsqu’une maladie détruit l’os, celui-ci tente souvent de se reconstruire. Ici, les marges des lésions sont cassantes et friables, sans le moindre signe de reconstruction.
Les médecins légistes envisagent d’abord l’hypothèse de métastases osseuses. Un cancer métastatique peut en effet envahir les vertèbres et y provoquer des foyers lytiques, c’est-à-dire des zones de destruction osseuse liées à la présence de cellules malignes. Toutefois, les métastases vertébrales atteignent généralement plusieurs niveaux de la colonne. Or, dans le cas présent, la destruction osseuse est uniforme et strictement confinée aux quatre vertèbres C3 à C6, sans atteinte d’autres vertèbres ni d’autres os du squelette. Cette hypothèse est donc écartée.
Deuxième piste : un myélome multiple. Ce cancer de la moelle osseuse provoque classiquement de multiples lésions rondes et bien délimitées. Ici, les lésions sont irrégulières et ne s’accompagnent ni de fractures par tassement ni de lésions du crâne. Le myélome est donc également exclu.
La troisième hypothèse est celle d’une spondylite tuberculeuse, aussi appelée mal de Pott. Cette forme de tuberculose osseuse atteint les vertèbres, mais le plus souvent dans la région thoracique ou lombaire. Elle s’accompagne généralement d’un tassement vertébral et d’une réaction de l’os environnant. Rien de tel n’est observé ici. La tuberculose est écartée.
La quatrième hypothèse est celle d’une aspergillose invasive. Cette infection, causée par un champignon microscopique du genre Aspergillus, touche principalement les personnes immunodéprimées. Là encore, les lésions observées ne correspondent pas au tableau attendu dans cette infection fongique sévère. Le diagnostic d’aspergillose n’est pas retenu.
Toutes les grandes hypothèses médicales susceptibles d’expliquer l’ostéolyse vertébrale viennent donc d’être éliminées.
Le squelette présente pourtant d’autres anomalies osseuses chroniques, notamment une sacro-iliite bilatérale et une ostéoporose généralisée. La sacro-iliite correspond à une inflammation des deux articulations sacro-iliaques, situées entre la base de la colonne vertébrale (sacrum) et les os du bassin (os iliaques). Ces anomalies ne présentent toutefois pas le même aspect que les destructions cervicales. Elles ne comportent ni galeries, ni parois polies, ni cavités remplies de sédiments.
Reste donc à expliquer l’origine de cette destruction osseuse si particulière, si localisée, et toujours sans cause apparente.
La scène de découverte devient une pièce à conviction
Les médecins légistes changent alors de piste. Et si ces lésions n’étaient pas dues à une maladie, mais à l’activité d’insectes ? Plusieurs types d’insectes sont capables de modifier les restes osseux. Les fourmis peuvent polir ou ronger la surface osseuse. Les larves de mouches percent parfois l’os pour atteindre les derniers fragments de tissus mous. D’autres insectes, comme certains coléoptères, notamment les ténébrionidés, ainsi que des abeilles de la famille des Halictidae ou des guêpes de la famille des Sphecidae, peuvent laisser des marques de mandibules ou creuser des nids dans les os.
Enfin, les termites vont beaucoup plus loin : certaines espèces peuvent forer des galeries et provoquer une destruction osseuse étendue. Des travaux ont par ailleurs montré que certaines espèces de termites néotropicaux peuvent être attirées par des charognes, notamment des carcasses de rongeurs.
C’est l’examen minutieux de la pièce, avant tout déplacement du corps, qui apporte finalement l’indice décisif. La scène fournit des éléments que l’examen des os, à lui seul, ne permet pas de comprendre.
Avant tout déplacement du corps, les enquêteurs remarquent de fins tunnels fibreux qui serpentent sur le carrelage, en empruntant préférentiellement les joints entre les dalles. Larges d’environ 1,5 cm, ces canaux forment un réseau couvert et continu qui remonte jusqu’à la charpente, plusieurs mètres plus haut. Ces galeries semblent relier directement la charpente au cadavre. Plusieurs ramifications atteignent directement les vertèbres cervicales et le crâne. À proximité immédiate du crâne, les enquêteurs repèrent également une masse brunâtre qui pourrait correspondre à un nid satellite.
Des conduits relient la toiture au corps
Ces tunnels sont constitués d’un matériau brun et feuilleté que les entomologistes appellent « carton ». Il est fabriqué à partir de salive, de fibres végétales mâchées et d’excréments.
Ces tunnels couverts adhèrent au carrelage, au plâtre et à la maçonnerie. Ils ne sont pas directement reliés au sol. Le même matériau recouvre les vertèbres cervicales et l’os hyoïde. Le crâne est partiellement obstrué par du « carton ».
Plusieurs galeries contiennent des sédiments compacts et un matériau sombre appelé « frass » par les entomologistes : il s’agit de petits granules fécaux qui témoignent de la présence de termites dans un bâtiment.
Tous ces éléments indiquent que des termites ont façonné ce décor et creusé les vertèbres du cadavre. Il s’agirait de termites arboricoles de la sous-famille des Nasutitermitinae, très probablement du genre Nasutitermes. Telle est la conclusion d’un article publié en mai 2026 dans la revue Science & Justice, signé notamment par Pierrick Nègre, de l’unité médico-judiciaire du CHU de Martinique, et Jean-Bernard Huchet, de l’université de Bordeaux.
La maison de cette femme n’abritait donc pas seulement un corps réduit à l’état de squelette. Elle a également conservé la trace d’une activité animale ayant dégradé des os humains et modifié l’environnement dans lequel ils se trouvaient.
Ces termites construisent des galeries couvertes - les shelter tubes, ou tubes-abris - qui leur permettent de circuler sans se dessécher. Dans cette maison fermée, ils ont probablement trouvé un accès par la charpente du toit, puis construit leurs galeries jusqu’au sol, où ils ont rencontré un corps humain en décomposition.
Aucun spécimen n’ayant été retrouvé, l’espèce n’a pas pu être identifiée formellement. Habituellement, les entomologistes collectent des termites - soldats, ouvriers ou individus ailés - dans les galeries et les nids, puis les conservent immédiatement dans l’éthanol avant de les examiner au microscope. Lorsque les caractères morphologiques ne suffisent pas, une analyse ADN peut compléter l’identification.
Des indices indirects, mais convergents
L’attribution des lésions aux termites repose donc ici sur un faisceau d’indices indirects. Ces critères ont été établis en 2012 par une équipe de spécialistes de la taphonomie, discipline qui étudie, après la mort, la décomposition, le transport et l’enfouissement des restes biologiques.
Le cas décrit par les auteurs satisfait à quatre des huit critères proposés par les taphonomistes : une architecture de galeries en nid d’abeilles ; des orifices traversant la corticale et communiquant avec l’extérieur par des galeries ; des parois lisses résultant de l’action abrasive des mandibules ; la présence de sédiments et de « frass », ces granules fécaux tapissant ou remplissant les galeries.
Les auteurs soulignent que l’absence de spécimen interdit toute identification certaine au niveau de l’espèce. C’est pourquoi ils s’en tiennent prudemment à l’identification du genre Nasutitermes, sans pouvoir identifier l’espèce avec certitude.
Un spécialiste renommé des termites, Rudolf Scheffrahn, de l’Université de Floride, a toutefois suggéré aux auteurs que l’espèce responsable pourrait être Nasutitermes corniger, une espèce arboricole largement répandue dans la région néotropicale et également présente comme espèce invasive dans les Caraïbes.
Où sont passés les termites ?
Reste une énigme : pourquoi aucun termite n’a-t-il été découvert à proximité du squelette ? La réponse tient notamment à une question de calendrier. La maison est restée fermée de 2020 à 2025, mais rien n’indique à quel moment, au cours de ces cinq années, les termites ont été actifs sur les restes osseux, ni surtout quand cette activité a cessé.
Une colonie de Nasutitermes ne reste pas nécessairement indéfiniment au même endroit. Une fois la ressource alimentaire épuisée, ou lorsque les conditions d’humidité deviennent trop défavorables, la colonie peut abandonner ses galeries et partir à la recherche de nouvelles ressources. Elle laisse alors derrière elle les structures qu’ils ont construites, notamment le « carton » et les tubes-abris. Il est donc possible que la portion de galerie conduisant aux vertèbres soit devenue inhabitable, poussant la colonie à se retirer vers des zones plus humides de la charpente, avant d’abandonner complètement les lieux.
Pourquoi s’attaquer à un squelette humain ?
Mais pourquoi des termites s’en prendraient-ils à un squelette humain posé sur un carrelage, loin de toute source évidente de nourriture ? Pour comprendre cette apparente anomalie, il faut revenir à un élément essentiel de la biologie des termites : l’azote.
Les termites se nourrissent principalement de matière végétale riche en polysaccharides lignocellulosiques. Ces sucres complexes, qui participent à la structure des parois cellulaires des végétaux, leur fournissent de l’énergie. En revanche, ces aliments sont relativement pauvres en azote. Leur flore intestinale abrite des micro-organismes qui leur permettent de digérer cette matière et de recycler l’azote, mais cela ne suffit pas toujours, notamment dans les grandes colonies.
Lorsqu’ils rencontrent des sources riches en azote, les termites du genre Nasutitermes peuvent donc les exploiter. Il a notamment été montré expérimentalement que ces termites sont attirés par les charognes.
Lorsqu’ils rencontrent un os, ils ne consomment pas sa fraction minérale. Ils abrasent plutôt la surface de l’os spongieux - la partie interne et poreuse de l’os, riche en travées - afin d’atteindre le collagène. Cette protéine constitue la trame organique de l’os et représente une riche source d’azote facilement exploitable.
Une prédilection pour l’os spongieux
L’ostéophagie, c’est-à-dire la consommation d’os, a déjà été documentée chez au moins une espèce de Nasutitermes en Amazonie. La destruction des vertèbres C3 à C6 s’expliquerait ainsi : leurs corps vertébraux, riches en os spongieux et donc en collagène, ont été attaqués de manière préférentielle.
Les termites ouvriers ont un corps mou et sont très sensibles à la perte d’eau. Les termites arboricoles de la sous-famille des Nasutitermitinae réduisent cette contrainte en maintenant des voies de passage protégées. Ils construisent des galeries de carton et des cordonnets de protection sur toutes sortes de surfaces inertes, y compris à l’intérieur de bâtiments. Ces structures créent un microenvironnement qui limite la dessiccation et leur offre une route protégée jusqu’aux surfaces d’os spongieux.
Cette architecture permet donc à ces insectes de relier une charpente en bois - leur habitat naturel - à une pièce où se trouve, de manière inattendue, un cadavre humain susceptible de constituer une ressource alimentaire.
Contrairement aux termites souterrains, qui vivent dans le sol et circulent dans des tunnels d’argile humide, ou aux termites du bois sec, qui demeurent à l’intérieur des charpentes qu’ils dévorent, les Nasutitermes construisent des nids de carton et progressent à couvert grâce à leurs galeries. Celles-ci les protègent de la dessiccation et leur permettent de parcourir plusieurs mètres sur des surfaces sans contact direct avec le sol.
De rares précédents documentés
Le cas martiniquais est exceptionnel, mais il n’est pas sans précédent. Le phénomène est documenté depuis plus d’un siècle. Le premier signalement d’une dégradation osseuse attribuée à des termites remonte à 1911. Dans une correspondance publiée dans la revue Nature, Douglas Derry décrit des altérations osseuses attribuées à des termites sur des squelettes exhumés d’anciennes sépultures nubiennes.
En 2011, Jean-Bernard Huchet et ses collègues de l’université de Bordeaux publient le cas d’un squelette féminin exhumé d’une sépulture de la civilisation Moche, à Huaca de la Luna, au Pérou. Cette étude montre que les corps vertébraux, principalement constitués d’os spongieux, comptent parmi les structures les plus ciblées par les termites. Des traces attribuées à l’activité des termites étaient présentes dans tous les cas étudiés.
Outre le crâne, la dégradation osseuse touche d’autres segments du squelette : les omoplates, les cubitus, les côtes, les surfaces auriculaires des os iliaques, la symphyse pubienne et le calcanéum, l’os du talon. Deux cas de dégradation osseuse au niveau des extrémités de l’humérus ont également été rapportés. Ces traces sont alors attribuées à l’action de termites souterrains.
Ces observations montrent que, bien que principalement connus comme consommateurs de matière végétale, les termites peuvent exploiter d’autres ressources lorsqu’ils en ont l’occasion.
En 2016, une équipe brésilienne a décrit les premiers cas médico-légaux d’activité de termites sur des ossements humains non fossilisés. Les chercheurs étudient six squelettes retrouvés dans le nord-est du Brésil. Au cours de leurs recherches, menées entre avril 2012 et septembre 2014, ils identifient l’espèce en cause dans quatre cas grâce à des spécimens prélevés directement sur place et conservés dans l’alcool : Amitermes amifer sur le premier squelette, Nasutitermes corniger sur deux autres et Microcerotermes indistinctus sur un quatrième.
Dans les deux derniers cas, seuls des vestiges de galeries et de nids permettent d’attribuer les dégâts à des termites, aucun spécimen n’ayant été capturé.
Les zones atteintes rappellent celles du cas martiniquais : le crâne et surtout les corps de certaines vertèbres cervicales, thoraciques et lombaires.
D’autres régions osseuses sont dégradées : la cavité orbitaire, le palais et, dans certains cas, l’omoplate, l’humérus, l’os iliaque, le calcanéum et les surfaces d’un métatarsien.
Les chercheurs brésiliens ont également observé un lien avec les saisons. Pendant la saison sèche, ils ne retrouvent pas de termites sur les os, mais seulement les traces de leurs nids et de leurs tunnels. À l’inverse, pendant la saison des pluies, ils observent une colonisation active, avec des termites présents sur les ossements humains.
Une leçon pour la médecine légale
Le cas martiniquais illustre un risque concret en médecine légale : prendre des lésions post-mortem provoquées par des insectes sociaux pour des pathologies survenues du vivant de la personne.
Les galeries couvertes et le « carton » sont extrêmement fragiles. Ces structures peuvent être détruites en quelques gestes maladroits. Photographiés et échantillonnés avant tout déplacement du corps, ils constituent pourtant des indices essentiels en faveur d’une origine post-mortem des lésions. Les auteurs soulignent aussi l’intérêt d’intégrer une évaluation entomologique aux investigations médico-légales dans les régions tropicales.
Cette observation constitue un cas rarissime d’ostéolyse vertébrale survenue en milieu intérieur. Elle s’est produite dans une maison restée close pendant plusieurs années, un environnement où l’on n’imaginerait pas spontanément une activité de termites d’une telle ampleur.
Dans les régions où les termites arboricoles sont présents, une destruction osseuse peut donc constituer la signature, différée de plusieurs années, d’une activité entomologique.
Au total, ce cas martiniquais est particulièrement instructif en ce sens qu’il montre que des vertèbres profondément évidées ne témoignent pas nécessairement d’une maladie survenue du vivant de la personne. Elles peuvent résulter, après la mort, de l’activité d’une colonie exploitant le collagène de l’os comme source d’azote. Ces insectes sociaux peuvent ainsi laisser dans les os une signature suffisamment inhabituelle pour être prise, à tort, pour une maladie et conduire à une interprétation erronée des lésions.
Pour en savoir plus :
Nègre P, Huchet JB, Dietschy H, et al. When termites mimic disease : Vertebral osteolysis and indoor scene alteration in the French West Indies. Sci Justice. 2026 May ;66(3) :101411. doi : 10.1016/j.scijus.2026.101411
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