Le visage pâle et le crâne rasé, en tenue de prisonnier, Atef Najib se tient, seul, debout dans la cage de métal de la 4e chambre criminelle du tribunal de Damas. A l’annonce de sa condamnation à la peine de mort, mardi 11 août, pour « crimes contre l’humanité », il reste mutique. L’ancien général est accusé d’avoir supervisé, alors qu’il était chef de la sécurité politique de Deraa, l’arrestation de 15 adolescents dont la torture en détention fut l’étincelle de la révolution syrienne, en mars 2011. La répression meurtrière qu’il a ensuite exercée contre les manifestations pacifiques dans cette ville du sud de la Syrie, jusqu’à sa mise à l’écart en avril 2011, précipita le pays dans la guerre civile.
Cités dans l’acte d’accusation, son cousin, le dictateur déchu Bachar Al-Assad, et son frère Maher, l’ancien chef de la 4e division armée, ainsi que plusieurs anciens responsables de sécurité, ont été condamnés à mort par contumace. La Russie refuse de remettre à la Syrie l’ancien président, qu’elle a accueilli à sa chute, le 8 décembre 2024, et à qui elle a accordé l’asile politique. Tous ont été reconnus coupables de « crimes contre l’humanité » et de « crimes de guerre », dont « assassinat avec préméditation, meurtre intentionnel de plusieurs personnes, meurtre intentionnel d’enfants de moins de 15 ans (…), torture ayant entraîné la mort et privation de liberté ».
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