En direct Mercredi 12 Août 2026
Géopolitique

« Le français fait désormais partie du patrimoine intellectuel, scientifique et culturel de l’Algérie »

Un collectif d’intellectuels et de citoyens algériens ou issus de la diaspora s’inquiète, dans une tribune au « Monde », de la marginalisation progressive du français au profit de l’anglais, davantage pour répondre à des considérations idéologiques qu’à une véritable stratégie li

« Le français fait désormais partie du patrimoine intellectuel, scientifique et culturel de l’Algérie »
HaitiCreoleRadio.com

Citoyens, universitaires, enseignants, chercheurs, écrivains, artistes, acteurs économiques, membres de la société civile et de la diaspora algérienne, nous exprimons notre profonde préoccupation face au recul progressif de la place de la langue française dans l’espace public algérien. Depuis plusieurs années, nous assistons à sa marginalisation progressive dans la vie quotidienne. Les enseignes commerciales, les panneaux d’information, les communications institutionnelles et certains usages administratifs voient disparaître cette langue, parfois remplacée par l’anglais.

Le 25 juillet, le ministère de l’éducation nationale algérien a décidé de remplacer le français par l’anglais comme première langue étrangère en troisième année du primaire (8 ans). Cette évolution semble davantage répondre à des considérations idéologiques qu’à une véritable stratégie linguistique au service du développement du pays.

Or une langue ne doit jamais être jugée à l’aune de son histoire, mais de son utilité pour les générations présentes et futures. Les langues ne sont ni des idéologies ni des instruments d’affrontement ; elles sont des vecteurs de connaissance, de création, d’innovation, de coopération et d’ouverture sur le monde.

Le français fait désormais partie du patrimoine intellectuel, scientifique et culturel de l’Algérie. Les Algériens se sont approprié cette langue, héritée d’une histoire douloureuse, pour en faire un instrument de création, de réflexion, d’émancipation et de rayonnement. C’est en français que l’appel du 1er novembre 1954 par le Front de libération nationale (FLN) fut rédigé. C’est en français que des écrivains et des intellectuels algériens de renommée internationale – Kateb Yacine, Mohammed Dib, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Assia Djebar, Jean Amrouche… –, ainsi que des penseurs comme Mohammed Arkoun, ont contribué à faire connaître la richesse de la pensée, de la littérature et de la culture algériennes dans le monde. Leurs œuvres appartiennent au patrimoine universel et témoignent de l’apport de l’Algérie à la francophonie intellectuelle.

Il vous reste 72.05% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Article précédent La condamnation d’ex-responsables du régime Al-Assad, un tes… Article suivant Zelensky accuse Moscou de préparer une mobilisation de grand…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !