Face à l’enlisement de la guerre en Ukraine, Vladimir Poutine s’apprête-t-il à renforcer ses effectifs sur le front ? C’est ce qu’a déclaré mardi 11 août le président ukrainien Volodymyr Zelensky, rapporte le Kyiv Post.
Dans un message publié sur Telegram, le chef d’État affirme que des documents des services de renseignement russes confirment que le Kremlin prépare “une vaste vague de mobilisation pour cet automne”, qui devrait intervenir après les élections législatives du 18 au 20 septembre.
Selon Zelensky, Moscou prévoirait de recruter “plusieurs centaines de milliers de Russes d’ici à la fin de l’année, puis un nombre équivalent l’année suivante”.
Le président ukrainien a affirmé que le scrutin de septembre ferait lui-même partie de la stratégie de mobilisation du Kremlin. “Le plan de [Vladimir] Poutine n’est pas particulièrement compliqué”, a déclaré Zelensky. “Il veut donner l’impression que les Russes soutiennent soi-disant la guerre – tous les partis encore autorisés à se présenter étant, d’une manière ou d’une autre, opposés à la paix.”
“Signe que Vladimir Poutine est déterminé à poursuivre l’invasion, le parti d’opposition libéral Iabloko, le seul parti qui s’oppose ouvertement à la guerre, a été exclu lundi du scrutin par la Cour suprême”, note le quotidien britannique The Independent dans son direct.
Face à la perspective d’une mobilisation russe, Zelensky a appelé mardi son allié américain à renforcer le soutien à l’Ukraine. “Les États-Unis peuvent contribuer à renforcer notre défense, d’abord et avant tout par une défense antiaérienne, et faire pression sur la Russie pour que ses plans soient différents, pour préparer une issue à la guerre plutôt que de la prolonger”, a-t-il souligné dans son allocution quotidienne par vidéo, après avoir fait savoir que Kiev avait transmis à la Maison-Blanche des propositions pour un plan susceptible de mettre fin à la guerre.
Des risques politiques accrus pour Poutine
Les allégations de Volodymyr Zelensky concernant une future mobilisation russe “ne peuvent toutefois pas être vérifiées de manière indépendante”, souligne Die Zeit qui rappelle que “par le passé, l’Ukraine a accusé à plusieurs reprises la Russie de préparer une nouvelle mobilisation sans que cela ne se soit concrétisé”.
“Alors que la lassitude de la population s’accentue et que l’économie russe continue de subir les effets des dépenses liées à la guerre, une deuxième mobilisation directe comporterait des risques politiques accrus pour Poutine”, observe le Kyiv Post. Le média ukrainien rappelle que la Russie “n’a décrété qu’une seule mobilisation officielle depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, en septembre 2022”, décision qui “avait provoqué des manifestations à travers le pays et poussé des milliers de citoyens russes à fuir le territoire”.
“Si la Russie déclenche effectivement une mobilisation militaire, ce sera le signe que le régime est soumis à une pression considérable et qu’il se trouve dans une impasse politique”, a déclaré Max Bergmann, analyste au Center for Strategic and International Studies (CSIS) au Kyiv Independent. “Une mobilisation représente un pari extrêmement risqué pour Poutine, un pari qui pourrait mettre en danger sa personne et son régime”, avait déjà affirmé l’expert au journal ukrainien plus tôt cette année.
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