La Congolaise Joyce N’Sana impose son afrobluehop au festival Nuits d'Afrique
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La chanteuse congolaise Joyce N’Sana, présente au festival Nuits d’Afrique à Montréal, façonne un style singulier, l’afrobluehop, nourri de reggae, rock, hip-hop et musiques traditionnelles congolaises. Avec son album Telama et des titres comme « Minu Kiami », elle porte une voix engagée pour la paix et les droits des femmes.
Joyce N’Sana a grandi au Congo, dans un contexte de guerre. Son enfance a aussi été marquée par la musique de son père, guitariste et auteur-compositeur, avec qui elle écoutait du jazz.
Plus tard, c’est la communauté reggae qui l’accueille à son arrivée à Montréal. Avec sa sœur, elles font les chœurs et les premières parties de chanteurs jamaïcains et des Antilles. Elle se fait donc d’abord connaître pour son reggae, mais aujourd’hui, elle a un style bien à elle, qu’elle a nommé l’afrobluehop.
À propos de ce style, Joyce N’Sana explique : « L'afrobluehop, c’est "afro", "blues", "hip-hop". Mais on va dire qu’il est saupoudré d’autres influences aussi qui, de toutes façons, ont leurs origines dans les sonorités et les musiques africaines : reggae, et un peu plus de rock ces temps-ci qui est très assumé en ce moment. Tout ça sur base de musiques traditionnelles congolaises. »
Quand le Canada élargit les horizons musicaux
En arrivant au Canada, Joyce N’Sana n’avait, parmi les artistes locaux, que les références musicales connues à l’international : Céline Dion et Corneille. Mais son horizon s’est rapidement élargi. Elle a notamment découvert le rigodon, musique généralement jouée au violon ou à l’accordéon, qui accompagne la danse traditionnelle québécoise du même nom. Elle a aussi découvert le chanteur Gerry Boulet, figure du groupe de rock Offenbach.
Et alors qu’elle teste plusieurs directions artistiques, le Congo reste la base de tout. Joyce N’Sana confie ainsi son inspiration à travers les mots de Papa Wemba : « Je vais reprendre cet artiste-là, Papa Wemba, qui est un grand de la musique congolaise et de la rumba congolaise. Il disait que la musique traditionnelle, en elle-même, c’est l’une des bases des musiques qu’on fait. Quand on arrive à la cerner, on peut tout faire après. Ces mots-là m’ont inspirée, et je pense que c’est ce qui fait que je puisse jongler avec les autres musiques. On retrouvera toujours une partie des musiques traditionnelles ou de la rumba congolaise dans ce que je fais même quand c’est du rock ou du reggae ou du hip-hop. »
Une voix entre Janis Joplin et Selah Sue
Au-delà de sa musique aux rythmes entraînants, ce qui frappe chez Joyce N’Sana, c’est surtout sa voix. Sa tessiture, d’abord, capable de plonger dans les graves comme de s’envoler dans les aigus. Mais aussi le timbre de cette voix, à mi-chemin entre celles de Janis Joplin et de Selah Sue.
Elle-même revient sur ce grain vocal si particulier : « J’ai un background très gospel. J’ai écouté des voix comme ça qui m’ont inspirée. Aretha Franklin, Janis Joplin plus tard… Je dirais simplement que ce côté rock ou cette voix rauque est un peu plus assumée ces dernières années. Parce que parfois, on a besoin de dire des choses qui ne passent pas toujours par la douceur, qui ont besoin de se dire de façon intense. »
Joyce N’Sana chante en lingala, kikongo, kituba, lari, français et anglais. Elle écrit des textes engagés, notamment pour les droits des femmes et pour la paix. Son album le plus récent s’intitule Telama, ce qui signifie « Lève-toi et marche ». Une injonction à se relever, à avancer, qui résume bien l’élan de sa démarche artistique.
Chanteuse congolaise présente au festival Nuits d’Afrique de Montréal, dont la 40ᵉ édition vient de se terminer ce dimanche 19 juillet 2026, Joyce N’Sana poursuit son chemin entre Congo et Québec.
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