L’art pour l’art, cette utopie de compréhension mutuelle n’est plus une option depuis l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 perpétrée par le Hamas et les représailles dévastatrices d’Israël à Gaza et en Cisjordanie. En deux ans et huit mois, les positions se sont polarisées, à l’extrême. La DJ Barbara Butch, qui incarnait encore, lors des Jeux olympiques de 2024, une gauche ouverte et tolérante, est désormais érigée en repoussoir au nom d’un autre combat jugé radicalement supérieur, dans un renversement aussi brutal que sidérant. Dans un post Instagram daté du 12 mai, la section grenobloise de La France insoumise (LFI) a mis en avant un engagement de l’icône LGBT contre l’antisémitisme pour appeler au boycott de son set, programmé en juillet au festival Cabaret frappé, un événement porté par la municipalité iséroise, elle-même à gauche et solidaire du sort des Palestiniens à Gaza.
Le tort de Barbara Butch ? Avoir signé, en mars, une tribune soutenant la très controversée « loi Yadan », publiée dans Le Point. Selon LFI, ce texte également paraphé par les philosophes Roger-Pol Droit et Elisabeth Badinter, ainsi que par l’ancien premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve et l’animateur Arthur, viserait à « criminaliser tout soutien au peuple palestinien notamment en interdisant les critiques du régime colonial et génocidaire d’Israël ». Outre l’appui à ce projet clivant, finalement remisé en avril après avoir divisé durant des semaines la classe politique, les « insoumis » grenoblois font également grief à Barbara Butch d’avoir, selon eux, animé, en 2025, la Gay Pride de Tel-Aviv en tant que DJ.
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