Tabloïd souvent impertinent, le New York Post n’a pas la langue dans sa poche. Ainsi, au moment de commenter les nouvelles règles censées empêcher les randonneurs du dimanche de vandaliser le plus haut sommet d’Europe, le média américain n’hésite pas à employer une métaphore scatologique : “Ils sont en train de transformer le mont Blanc en mont Marron.”
“Ils”, ce sont ces touristes inexpérimentés qui empruntent le célèbre Tour du Mont-Blanc (TMB), parcours long d’environ 170 kilomètres qui traverse la France, l’Italie et la Suisse. Une randonnée dure, mais qui se démocratise de plus en plus, puisque, comme nous l’apprend le Telegraph, “plus de 90 000 personnes ont parcouru le Tour du Mont-Blanc cet été, contre 36 000 en 2019, ce qui en fait désormais la randonnée de longue distance la plus prisée des Alpes”.
Les réseaux sociaux et les images idylliques qu’ils véhiculent ont attiré une nouvelle population de marcheurs, mais selon Jean-Marc Peillex, maire divers droite de Saint-Gervais (Haute-Savoie) et président de la communauté de communes Pays du Mont-Blanc, un grand nombre de ces randonneurs adoptent des comportements problématiques. Ainsi, l’édile accuse les néomontagnards de “nourrir les bouquetins”, de “camper autour des refuges pour s’y abriter en cas de mauvais temps”, de “faire porter de refuge en refuge par taxi leurs grosses valises à roulettes” et, surtout, de “faire leurs besoins”.
Une accusation qui a visiblement suscité l’intérêt du journal britannique conservateur, qui a décidé de titrer son article comme suit : “La France sévit contre les randonneurs du mont Blanc qui font leurs besoins dans les champs”.
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Je m’abonne“Il est temps de mettre au pas tous ces guignols”
Loin de se limiter à la question de la défécation en plein air, les autorités locales entendent agir en prenant une série de mesures, détaillées cette fois par The Times. “Les randonneurs seront interdits d’accès au sentier du Tour du Mont-Blanc, sauf s’ils disposent d’une réservation dans un hôtel, un refuge, un site de bivouac ou tout autre hébergement, précise cet autre quotidien londonien. Par ailleurs, il leur sera également interdit d’emporter autre chose que des sacs à dos de randonnée. Enfin, la réservation de taxis pour le transport des sacs à dos ne sera autorisée qu’à certaines heures.”
Pour faire respecter ces nouvelles règles, Jean-Marc Peillex a indiqué vouloir mettre en place une “brigade verte”, habilitée à infliger des amendes. “Le maire a laissé entendre que celles-ci s’élèveraient à au moins 35 euros, voire bien plus”, prévient le journal libéral.
De quoi réjouir le New York Post, qui ne cache pas sa joie face à la nouvelle. “Il est temps de mettre au pas tous ces guignols”, s’écrie le journal américain, dont l’enthousiasme est hélas de courte durée. Car la conclusion du tabloïd est teintée d’un triste réalisme : “Malheureusement, le mont Blanc est loin d’être le seul site naturel européen envahi par des barbares à sac à dos.”
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