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La guerre intérieure de Jérôme, ancien soldat victime de stress post-traumatique : « Cela aurait été plus simple d’avoir une jambe en moins »

Le caporal-chef a pris part aux opérations extérieures de la France, notamment en Afghanistan et au Mali. Depuis la fin de sa carrière, en 2016, il multiplie accès de colère, crises d’angoisse, cauchemars… Et rien ne parvient à le guérir. Longtemps dans le déni, l’armée commence à pr

La guerre intérieure de Jérôme, ancien soldat victime de stress post-traumatique : « Cela aurait été plus simple d’avoir une jambe en moins »
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La guerre intérieure de Jérôme, ancien soldat victime de stress post-traumatique : « Cela aurait été plus simple d’avoir une jambe en moins »

Par Elise Vincent
Publié aujourd’hui à 06h00

Temps de Lecture 11 min.

Dans la vie de Jérôme, ses années de service dans les armées se résument, de prime abord, à un simple tatouage ostentatoire dont il a minutieusement choisi tous les détails. Il court sur son avant-bras, avec notamment une boussole adossée à deux cartes, du Mali et de l’Afghanistan, reproduites comme sur une table d’état-major. S’affichent également, comme gravées à l’encre noire, son numéro de matricule et la devise du régiment d’infanterie de marine où il a passé près de dix ans, le 2e RIMa : « Fidélité et honneur ».

Mais, à tout juste 40 ans, Jérôme (qui n’a pas souhaité donner son nom) le sait, il est aussi un vétéran que la guerre a marqué bien au-delà des couches superficielles de l’épiderme. Lorsqu’il remonte sa manche, puis découvre son torse, apparaît un large phénix, symbole de renaissance, ajouté récemment. Une sorte de talisman contre les émotions qui l’assaillent depuis la fin de son contrat avec l’armée, en 2016, au grade de caporal-chef : bouffées d’irascibilité, crises d’angoisse, fébrilité tenace. Autant de symptômes dont il connaît parfaitement le diagnostic médical : « stress post-traumatique » (SPT).

Jérôme n’est que l’un des très nombreux visages militaires victimes de SPT dont la liste ne cesse de s’allonger en silence. La plupart appartiennent aujourd’hui à ce que l’on appelle la « quatrième génération du feu ». Une formule qui englobe tous les combattants engagés dans des opérations extérieures (OPEX) françaises depuis 1963. A l’inverse des précédentes – celles des première et seconde guerres mondiales, puis celles d’Indochine et ­d’Algérie –, cette quatrième génération a la particularité de regrouper uniquement des soldats professionnels. Elle réunit déjà tous les anciens du Liban, des Balkans, d’Afghanistan et du Sahel.

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