Une des mesures législatives les plus emblématiques de la dérive illibérale de Viktor Orban, au pouvoir en Hongrie de 2010 à 2026, a été abolie. Le Parlement hongrois a voté en ce sens mardi 13 octobre, sur proposition du gouvernement de Péter Magyar, qui a succédé en mai à l’ex-premier ministre nationaliste.
Votée en 2021, au détour d’une loi sur la protection de l’enfance, cette disposition voulait empêcher que les mineurs soient exposés à tout contenu lié à la « promotion » ou, simplement, à l’« affichage » – dans l’éducation, les livres, la publicité, à la télévision… – du « changement de sexe et de l’homosexualité ». Dans un pays où il n’existe ni mariage pour tous, ni droit à l’adoption pour les couples de même sexe, et où les personnes transgenres n’ont pas le droit de faire reconnaître leur identité de genre, cette disposition avait accru l’isolement de la communauté LGBT + et aggravé une homophobie déjà élevée.
Sa disparition apparaît dès lors comme un symbole du changement de société que promettent M. Magyar et son parti, Tizsa, qui jouit d’une majorité des deux tiers au Parlement. Mais sera-t-il suivi de réformes plus ambitieuses ? C’est ce que demande Eszter Polgari, directrice du programme juridique de l’association Hatter Society, la plus importante organisation hongroise de défense des droits LGBT +. Si la juriste se dit « satisfaite de voir disparaître cette légitimation de la marginalisation et de la stigmatisation les personnes LGBT + », elle relève que, pour le gouvernement, il s’agissait d’abord de se mettre en conformité avec le droit européen.
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