Une juge fédérale de Floride a ordonné vendredi aux avocats de Donald Trump et de sa famille de répondre à des “allégations graves” selon lesquelles “un accord inhabituel”, visant à mettre fin à leur procès contre l’administration fiscale (IRS), constituerait “un acte de fraude”, résume The Washington Post.

Le président américain, qui réclamait 10 milliards de dollars à l’IRS pour des fuites sur ses déclarations d’impôts, avait retiré sa plainte en échange de la création par le ministère de la Justice d’un fonds d’1,8 milliard de dollars, destiné à indemniser les personnes s’estimant victimes de l’“instrumentalisation” de la justice par le gouvernement de Joe Biden.

La juge fédérale Kathleen Williams, qui était chargée de l’affaire et l’avait classée mi-mai après le retrait de la plainte par la famille Trump, avait reçu depuis “une requête émanant de 35 anciens juges fédéraux qui l’exhortaient à rouvrir l’affaire afin de déterminer si la démarche de M. Trump” constituait une “faute grave” et “un abus du système judiciaire”, rapporte trumpoPolitico.

« Coup dur » pour Trump

La magistrate trouve suspicieux de ne pas avoir été informée de l’accord négocié avec le ministère de la Justice, annoncé juste après le classement de l’affaire, et se demande maintenant si la plainte de la famille Trump n’était pas un “prétexte” pour permettre, via cet accord, la création du fonds “anti-instrumentalisation” voulu par le président, selon le site.

Dans son ordonnance, la juge Williams a affirmé qu’elle était “habilitée à enquêter sur des fautes graves” dans toute affaire dont elle est saisie, et a donc “ordonné aux avocats de M. Trump de lui indiquer, d’ici le 12 juin, si le procès devait être formellement rouvert” au motif que “la cour a été victime d’une fraude”, précise The New York Times.

La Maison-Blanche n’avait pas réagi dans la soirée à ce “rebondissement spectaculaire”, qui constitue un “coup dur” pour le président américain, relève le quotidien américain.

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Plus tôt dans la journée, le fonds avait déjà été la cible de la justice fédérale, une magistrate ayant “temporairement interdit” au ministère de la Justice de “prendre toute mesure supplémentaire quant à [sa] création ou à [son] fonctionnement”, écrit Fox News.

La juge, qui veut s’assurer qu’aucune somme ne soit “irréversiblement versée” à d’éventuels plaignants avant qu’elle ne se soit prononcée sur le fond, a fixé une nouvelle audience au 12 juin sur une possible extension de ce gel.

Le fonds “anti-instrumentalisation” de Donald Trump, qualifié de “caisse noire” par les démocrates, n’a pas non plus les faveurs du parti présidentiel et “plus d’une douzaine de sénateurs républicains ont exhorté en privé les principaux conseillers de Trump à abandonner” ce projet, souligne The Wall Street Journal.

“De nombreux législateurs craignent que le fonds, créé pour indemniser les personnes se disant victimes de persécution politique, ne verse des millions de dollars à certains membres de la foule de partisans de Trump qui a pris d’assaut le Capitole et agressé des policiers le 6 janvier 2021”, explique le quotidien conservateur.

Le nom de Trump retiré du Kennedy Center

Donald Trump a subi un autre revers judiciaire de taille vendredi : le juge fédéral Christopher Cooper a estimé que le conseil d’administration du Kennedy Center – le prestigieux centre culturel repris en main par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche – avait “enfreint la loi fédérale en apposant le nom du président Trump sur ce haut lieu des arts”, rapporte le Los Angeles Times.

Le magistrat a donc ordonné le retrait immédiat du nom du président sur le bâtiment, et a suspendu sa fermeture prévue pour d’importants travaux de rénovation. “C’est le Congrès qui a donné son nom au Kennedy Center, et seul le Congrès peut le modifier”, a-t-il déclaré.

Dans un message acerbe sur son réseau Truth Social, Donald Trump a raillé la décision du juge et annoncé qu’il renonçait à s’occuper du centre culturel et allait confier au Congrès “la responsabilité de son activité, de sa maintenance et de sa gestion”.