La justice équatorienne a désigné, mercredi 1er juillet, l’homme d’affaires Xavier Jordan comme « instigateur » présumé de l’assassinat de Fernando Villavicencio, un candidat à la présidence en 2023. Ce détracteur de l’ex-président socialiste Rafael Correa (2007-2017) avait été abattu le 9 août 2023 par un tueur à gages colombien à Quito, une semaine avant le scrutin. Le tireur avait été tué par des gardes du corps.
Au total, sept personnes font l’objet d’une enquête, soupçonnées de faire partie des commanditaires potentiels du crime. Parmi elles figurent notamment l’ancien ministre de l’intérieur José Serrano et l’ancien député Ronny Aleaga, partisans de l’ex-président.
Avant de se lancer dans la politique, Fernando Villavicencio était journaliste et enquêtait sur des affaires de corruption entachant le gouvernement de Rafael Correa. Ses enquêtes anticorruption avaient également mis en cause Xavier Jordan. Ce dernier, qui réside aux Etats-Unis, a « financé et planifié » l’assassinat, a affirmé le parquet sur X mercredi, à l’issue d’une audience préparatoire au procès.
Un réseau criminel puissant au cœur de l’enquête
José Serrano, qui se trouve actuellement aux Etats-Unis dans un centre de contrôle des migrants, aurait transmis des informations « sensibles et confidentielles » au gang Los Lobos concernant les déplacements du candidat. Ce gang est l’un des plus puissants du pays, avec des milliers de membres, selon le site InSight Crime.
Ronny Aleaga, lui, est soupçonné d’avoir coordonné « les actions visant à concrétiser l’assassinat ». Quatre autres personnes sont mises en cause dans cette affaire, parmi lesquelles Wilmer Chavarría, alias Pipo, chef suprême de Los Lobos. Il « aurait dirigé l’opération » en échange « d’un million de dollars », a précisé le parquet.
En octobre, la justice équatorienne a demandé la détention provisoire des personnes impliquées dans cette affaire. Cinq personnes liées au meurtre ont été condamnées en 2024 à des peines allant jusqu’à trente-quatre ans de prison. Six hommes de main de nationalité colombienne qui étaient présumés liés à cette affaire ont été assassinés en prison.