Sur une page un système sophistiqué de poulies, sur l’autre une planche anatomique, sur une troisième un croquis de cheval… Depuis le 8 juin, il est possible de consulter en ligne des milliers de pages couvertes de textes et de dessins réalisés par Léonard de Vinci (1452-1519). Et ce, grâce au travail de numérisation et de compilation du Musée Galilée, à Florence, rapporte La Repubblica.
Baptisée “Leonardotheka”, la plateforme rassemble de façon inédite le Codex Atlanticus – le plus large ensemble de manuscrits de l’auteur, conservé à la Veneranda Biblioteca Ambrosiana de Milan –, riche d’un millier de feuillets, et les fonds d’archives britanniques de la Royal Collection, quelque cinq cents feuillets de plus.
Car, comme le rappelle Roberto Ferrari, le directeur du Musée Galilée, il s’agissait à l’origine d’un seul et unique ensemble, séparé en plusieurs volumes. Peu de temps après la mort du maître de la Renaissance, les manuscrits arrivent entre les mains d’un sculpteur, Pompeo Leoni, qui va commettre “un véritable acte de vandalisme”, explique Ferrari auprès du quotidien italien. “Pour des raisons sans doute commerciales mais qui restent incompréhensibles, Leoni a découpé l’ouvrage et séparé les études techniques des croquis artistiques et des planches anatomiques.”
La Leonardotheka permet de redonner du contexte à l’ensemble. “Pendant des siècles, les chercheurs ont dû se contenter d’une vision tronquée du génie de Léonard de Vinci, sans se douter qu’une page de calculs pouvait côtoyer un portrait ou des notes du quotidien”, commente La Repubblica.
Interdisciplinarité
Ce projet est le fruit de dix ans de travail et a connu plusieurs versions, relève The Art Newspaper. Les financements viennent pour moitié de l’État italien et pour moitié des fonds propres du Musée Galilée. Le but non commercial de la Leonardotheka, accessible gratuitement, est revendiqué. C’est aussi un outil qui servira aux chercheurs comme au public, notamment pour mieux saisir un trait caractéristique de la Renaissance, poussé loin par Léonard de Vinci : transcender les disciplines, jusqu’à mêler l’artistique et le scientifique.
La publication britannique spécialisée interroge en conclusion Matthew Landrus, un expert de Léonard de Vinci à Oxford. Il voit un autre avantage à cette réunification numérique : “Elle permet d’observer le cheminement de la pensée de Léonard, sa manière d’exploiter la feuille de papier, la transversalité de ses projets, ou encore de découvrir à quel point son agenda était chargé. Il menait de front plusieurs commandes pour différents clients et associés.”
Les manuscrits de Yogyakarta accessibles en version numérisée
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