Love, etc.. La méfiance, le pire poison des rencontres amoureuses
“Manifestement, nous avons oublié comment nous comporter en êtres humains, nous ne respectons plus certaines des règles de décence les plus élémentaires dans nos rencontres amoureuses”, regrette le site américain Vox.
“Spécialistes en relations amoureuses, historiens et critiques, tous sont d’accord : les rencontres amoureuses sont différentes aujourd’hui.”
Ghosting, love bombing, cringe culture… Il serait difficile (et sans doute vain) d’entreprendre une liste exhaustive des obstacles qui se dressent sur les nouveaux chemins de l’amour.
Mais ces obstacles s’articulent souvent autour d’un même état d’esprit : la méfiance.
“Si vous êtesconstammentdans la méfiance,c’est généralementmoins engageant.”
Paul Eastwick, professeur de psychologie à l’université de Californie à Davis, cité par le site d’information américain Vox
L’une des premières causes de cette méfiance réside dans ce qui occasionne la plupart des rencontres contemporaines : le médium, à savoir les applis de dating, comme on dit en français.
“La phase de découverte – celle où votre image d’une personne passe de ‘cette fille canon’ à ‘Amy, la blonde super drôle de mon équipe de dodgeball’ – a été comprimée, voire purement et simplement éliminée”, analyse le site américain.
Pour Paul Eastwick, professeur de psychologie à l’université de Californie à Davis, cité par Vox, “face à une personne qu’on ne connaît pas, on peut tomber plus facilement dans les préjugés négatifs associés aux plateformes en ligne”.
Cette méfiance née de la disparition de la parade amoureuse se double des nombreux récits tragico-comico-déchirants qui fleurissent un peu partout sur les réseaux sociaux.
S’ils constituent un exutoire et un lieu de diffusion essentiel pour alerter sur les abus dont les relations sont parfois le théâtre, les algorithmes favorisent les posts les plus extrêmes.
Résultat ? La peur a remplacé les papillons au creux du ventre, et la curiosité a laissé place à une vigilance dopée aux stéréotypes.
“Les posts clivantsattirentles posts clivants.”
Le site d’information américain Vox
“Les applis de rencontre ont joué un rôle central dans ce changement d’ambiance, relève encore le site américain. Redoutablement efficaces pour relier des quantités de célibataires entre eux, ces applis n’encouragent pas le développement lent de relations, qui est historiquement la manière dont se construit l’affection réciproque.”
À cela s’ajoute la peur d’être cringe (inévitable) et d’être publiquement humilié au moindre faux pas, la peur de souffrir (inévitable aussi), celle que l’amour soit à sens unique (ce sont des choses qui arrivent), de tomber sur un pervers narcissique (voire un psychopathe), de se faire “love-bomber” ou ghoster (liste non exhaustive)…
“Il en résultetoute une populationde célibataires qui,indépendammentde la personnequi leur plaît,se présententà un rendez-vousavec un(e) inconnu(e)dont ils se méfientpar anticipation.”
Le site d’information américain Vox
“Les gens érigent des murs pour se protéger [en se disant] : ‘Tu ne peux pas me faire de mal si je ne m’expose jamais.’”
Le problème, c’est qu’il est difficile – voire impossible – de tomber en amour tout en étant sans cesse sur ses gardes de peur de repartir avec le cœur en petits morceaux.
D’autant que c’est souvent comme ça que l’amour finit (mal) – il n’y a pas d’amour heureux –, mais ça ne veut pas dire que ça ne vaut pas le coup de s’y brûler.
“Il y a un rejetcroissant de toutepotentielle contrariété,une peur de direou de faire quelque chosede mal, d’être humilié,d’être rejeté.Il n’y a aucune placepour la moindre erreur.”
Daniel Cox, auteur de Generation Uncoupled : America’s New Gender Divide and the Crisis of Human Connection, cité par Vox
Pourtant, à la fin, un constat demeure : la foudre ne résiste pas aux paratonnerres.—
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