Les Suédois sont passés maîtres dans l’art de trier et de recycler leurs déchets. Seulement voilà, il en faut quand même pour produire l’électricité et alimenter le chauffage urbain. C’est la raison pour laquelle la Suède importe de plus en plus de déchets des quatre coins de l’Europe : entre 2010 et 2024, ces importations ont fait un bond de 189 %, passant de 1,34 à 3,86 millions de tonnes. Ces déchets, qui proviennent le plus souvent de Norvège, de Grande-Bretagne et d’Italie, sont pour l’essentiel incinérés.
La Suède a moins besoin d’électricité et de chauffage en été. Mais le “Bloc 5”, l’incinérateur de [la compagnie publique d’électricité] Vattenfall à Uppsala [au nord de Stockholm], tourne en toute saison. Les camions se relaient sur la plateforme, reculent jusqu’à la trappe de déchargement et font basculer leur benne pour déverser les déchets dans une profonde fosse en béton, sous l’œil scrutateur d’une escadrille de choucas.
Dans la salle de commandes vitrée, le grutier joue de son grappin à sept bras pour attraper les monceaux de détritus, six tonnes à la fois, et les acheminer jusqu’à une immense trémie qui débouche sur la chambre d’incinération. Laquelle doit être alimentée en continu pour que la température se maintienne à 1 000 °C environ et produise ainsi 90 % du c
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Recyclage des déchets : les causes d’une crise mondiale
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