L’expatriation peut être une véritable épreuve pour la vie de famille et les liens avec les proches. Dans la rubrique qu’elle tient dans The Washington Post, Carolyn Hax demande leur avis aux lecteurs sur le dilemme d’une femme qui rêve de partir vivre en Europe avec ses enfants, laissant derrière elle ses parents, qui ont toujours tout sacrifié pour elle et se retrouveraient seuls et privés de leurs petits-enfants. “Que faire ? Ils sont très traditionnels et ne se résoudront peut-être jamais à l’idée de déménager avec moi ; et même s’ils le faisaient, la législation sur l’immigration du pays de destination ne favorise pas le regroupement familial. J’ai envie de partir et d’espérer que tout se passe bien, mais ça ne suffit pas. Est-ce que je me fais des illusions ?” Voici la réponse de la première lectrice :
“Je vous encourage à considérer cette tristesse comme l’expression de leur amour et de leurs sentiments partagés, que vous éprouvez manifestement vous aussi. Après tout, vous ne voudriez pas qu’ils restent indifférents à votre départ.”
Dans l’ensemble, les lecteurs conseillent l’expatriation. Après tout, souligne l’un d’eux, les sacrifices des parents ne sont pas “une dette à rembourser”, mais un “investissement pour que vous ayez plus de liberté, pas moins”.
Pour prendre la bonne décision, une autre lectrice lui suggère de se poser une question : la mère de famille en voudrait-elle à ses parents si elle choisissait de rester ? Si oui, mieux vaut partir. Enfin, on lui conseille aussi d’expliquer les atouts culturels et linguistiques de l’expatriation pour les petits-enfants.
Rebecca Cretella a vécu une situation exactement inverse. Cette Américaine est partie vivre à Madrid avec son mari, ses deux enfants et sa mère septuagénaire. Elle a raconté à Business Insider comment cette expérience a viré à l’échec. “Tandis que mon mari se lançait à corps perdu dans un cours intensif d’espagnol de six cents heures, que les garçons trouvaient leurs marques à l’école et que je me faisais de nouveaux amis, j’ai vu ma mère se replier sur elle-même”, se souvient-elle.
Retrouvez l’actualité des expatriés chaque semaine
Malgré ses efforts, la grand-mère n’arrive pas à s’adapter. Cinq mois après avoir vendu sa maison dans le Connecticut pour suivre sa fille, elle a donc fait chemin inverse. Pour autant, l’expérience n’est pas entièrement négative : “Ce qu’elle a fait pour ses petits-fils pendant les six mois précédents – être présente pour eux durant cette période de transition déstabilisante où tout était nouveau – est quelque chose que nous n’oublierions jamais”, dit aujourd’hui Rebecca Cretella.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !