[Cet article est extrait de nos pages spéciales La Bretagne vue par la presse étrangère. Le numéro, daté du 2 juillet 2026, est disponible tout l’été en Bretagne.]

Un soir où je dînais au restaurant dans la ville portuaire de Brest, j’ai demandé au cuisinier s’il était de la région. Sa réponse : “Je ne suis pas un Breton pur beurre*.” Son père oui, mais sa mère venait d’Alsace et c’est là-bas qu’il avait passé ses premières années. Pas un pur produit de Bretagne, donc, pas un Breton pur beurre.

Le beurre a une importance capitale en Bretagne. On en consomme en moyenne 12 kilos par personne et par an, soit 4 kilos de plus que dans le reste de la France – où l’on n’est pourtant pas connu pour s’en priver – et deux fois plus qu’en Allemagne. Chaque année, dans la commune de Spézet, on offre une motte de beurre sculptée de 22 kilos à la Vierge Marie. Une coutume séculaire qui était bien plus répandue jadis. Allez, encore un chiffre : chez nous, la plaquette de beurre en supermarché fait 250 grammes, contre 500 grammes en Bretagne, ce qui n’est vraiment pas pratique quand on vadrouille tout le temps en voiture, comme moi. Je chaparde donc régulièrement les mini-portions qu’on nous sert le soir au restaurant.

Une façon de crier sa singularité

Si j’aime autant la Bretagne, c’est en par