Son patronyme était parfois « un peu lourd à porter », avait confié Pierre Joliot, en 2024, au mathématicien Etienne Ghys, dans un podcast sur la science et la politique. Petit-fils de Marie Curie, Nobel de physique en 1903 et de chimie en 1911, et de Pierre Curie, nobélisé avec sa femme en 1903, il était aussi le fils d’Irène et Frédéric Joliot-Curie, récompensés ensemble du Nobel de chimie, en 1935. Né le 12 mars 1932 à Paris, le biologiste est mort dans la nuit du 9 au 10 octobre, à 94 ans. Contrairement à ses ascendants et à sa sœur aînée, Hélène Langevin-Joliot, ce n’est pas dans la physique ou la chimie qu’il s’est distingué, mais dans la physiologie des plantes, en découvrant des mécanismes fondamentaux de la photosynthèse.
Dès l’enfance, il baigne dans la science, y compris durant les vacances en Bretagne, à l’Arcouest (Côtes-d’Armor). Cette « Sorbonne plage » voit chaque été converger les plus grands esprits scientifiques de l’époque pour une longue villégiature, qui n’obère en rien leur production scientifique étourdissante : « Nous passons notre vie à courir on ne sait après quoi, alors que ces gens vivaient », s’étonnait Pierre Joliot en commentant un montage vidéo de films muets de l’époque.
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