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Politique

Le décret électoral publié

Ce mardi 9 juin, le gouvernement de fait a conclu un accord avec le Conseil électoral provisoire (CEP) concernant un projet électoral. On savait qu’ils finiraient par s’entendre au détriment de la population, dans une alliance unissant des membres de la classe moyenne et de la bourgeoisie pat

Le décret électoral publié
HaitiCreoleRadio.com
Bien que le Premier ministre de facto, Alix Didier FilsAimé ait promulgué le décret électoral, cela ne garantit en rien qu’il organisera des élections dans le pays.

Ce mardi 9 juin, le gouvernement de fait a conclu un accord avec le Conseil électoral provisoire (CEP) concernant un projet électoral.

On savait qu’ils finiraient par s’entendre au détriment de la population, dans une alliance unissant des membres de la classe moyenne et de la bourgeoisie patripoche. La petite bourgeoisie siégeant au CEP n’accepterait jamais de perdre son poste ; elle préfère se livrer à des manœuvres de négociation et à des compromis lui permettant de continuer à sacrifier le pays au profit de la classe oligarchique.

Pourquoi ont-ils fait tout ce tapage, alors qu’ils savaient pertinemment qu’ils finiraient par avaler la couleuvre sans broncher ? Malgré l’opposition des membres du CEP, le gouvernement a non seulement publié le décret le mardi 2 juin 2026, mais a aussi placé un directeur général à leur tête.

Installation Uder Antoine, directeur général du CEP par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique Me Patrick Pélissier

Il s’agit de Monsieur Uder Antoine, le mercredi 3 juin, l’exécutif publie un arrêté le nommant directeur général du CEP, puis l’installant manu-militari le vendredi 5 juin en absence de tous les conseillers à l’exception du président du Conseil Jacques Desrosiers. Le directeur général dépendra uniquement de la volonté du Premier ministre — un Premier ministre illégal et illégitime, qui fait office d’actuel chef suprême de la nation.

Manifestation de l’Opposition plurielle contre le pouvoir en place

« Nous ne pouvons accepter un directeur général du CEP qui soit le bras de l’exécutif au sein d’une institution indépendante appelée à organiser des élections crédibles et transparentes », ont déclaré certains membres récalcitrants du CEP ; mais quelle est leur décision finale ? Ils finissent tous par rentrer dans le rang ; ce ne sont pas eux qui vont créer des problèmes dans le pays ou empêcher l’administration de l’État de fonctionner.

Le Moniteur du mardi 2 Juin 2026

Les divergences entre le CEP et le gouvernement de fait ne résultent-elles pas d’une lutte d’influence entre différents acteurs et factions politiques cherchant à contrôler l’organisation des prochaines élections ? Cette divergence également ne cache-t-elle pas une manœuvre du CEP et du Premier ministre visant à faire croire à l’opinion nationale qu’une élection est possible ?

Il ne s’agit pas de la possibilité pour un candidat de l’emporter ; ce sont les principaux acteurs qui décident eux-mêmes de leur maintien au pouvoir. Cela signifie qu’ils ont confisqué le pouvoir.

Toutefois, la publication de ce décret dans le journal officiel *Le Moniteur* a ravi les puissants de la bourgeoisie d’affaires. Ils félicitent et exhortent le CEP, le gouvernement et tous les secteurs concernés par le scrutin à œuvrer dans un esprit de « responsabilité, de dialogue et de progrès, afin que les prochaines élections puissent contribuer au rétablissement de la stabilité institutionnelle, de la légitimité démocratique et des conditions indispensables au redressement national ».

La communauté internationale à travers le BINUH et les USA ont salué la publication du décret dans le journal officiel du pays Le Moniteur.  Par ailleurs certains partis politiques dont le RDNP, l’UNSMT, EDE, Débout Citoyen, Nouvelle Orientation, le SDP, INITE, KORE-N, la Plateforme Solidarité prétendaient un certain désaccord avec le pouvoir.

Réunion entre le CEP et le Premier ministre.

Dans une déclaration conjointe intitulée « Déclaration solennelle des forces politiques et sociales de la République pour le salut de la République et la sauvegarde du processus électoral » rendue publique le vendredi 5 juin 2026, ces partis politiques sans colonne vertébrale dénoncent tout en qualifiant la Primature de faire un coup de force de façon à contrôler  l’institution électorale.

Ils ont indiqué dans leur note « Pour la première fois dans notre histoire récente, Haïti traverse une crise pré-électorale et sans ambiguïté,  le Premier ministre Fils-Aimé s’approprie du processus électoral pour favoriser une mouvance partisane ». Ils disent « NON à la capture du processus électoral par le Premier ministre Fils-Aimé ».

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