A elle seule, l’hypothèse qu’un gros problème puisse un jour survenir chez UBS, la dernière très grande banque helvétique après qu’elle a absorbé sa rivale Credit Suisse en déroute, semble donner des ailes au Conseil fédéral. Plutôt réputé jusqu’ici pour son non-interventionnisme et sa grande « compréhension » des enjeux d’un secteur financier pesant 10 % du produit intérieur brut et 210 000 emplois, le gouvernement suisse change de cap. Le temps du laxisme semble révolu. Mercredi 12 août, la ministre des finances, Karin Keller-Sutter, a annoncé un projet de durcissement du cadre réglementaire des banques inédit par son ampleur et sa fermeté.
Les établissements dits d’importance systémique, classés TBTF (pour too big to fail, « trop grands pour faire faillite » en français), seront soumis à une série de nouvelles dispositions censées prévenir une nouvelle crise comme celle de Credit Suisse, qui avait forcé le gouvernement à intervenir le 19 mars 2023. L’exécutif avait alors orchestré le sauvetage de la banque via le rachat de celle-ci par sa grande rivale UBS. L’Etat avait apporté sa garantie financière à l’opération. Depuis lors, UBS est devenue la « seule banque plus grande que le pays qui l’abrite », selon une expression du quotidien d’affaires britannique Financial Times. Ses 1 700 milliards de dollars (environ 1 470 milliards d’euros) d’actifs dépassent en effet la taille de l’ensemble de l’économie suisse.
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