Une décennie après une campagne pro-Brexit marquée par des discours xénophobes sur les plombiers polonais accusés d’être des profiteurs du système européen, The Times constate, non sans une pointe d’ironie, que nombre de Britanniques ont mis le cap sur la Pologne et a rencontré plusieurs d’entre eux installés “avec d’excellentes raisons” à Varsovie ou à Cracovie. Le quotidien suggère même que la dynamique entre les deux pays s’est inversée. D’ailleurs, “selon les statistiques migratoires de l’ONU, le nombre de migrants britanniques en Pologne a augmenté de 340 % entre 2015 et 2024”.
Jack Power, lui-même plombier, a rencontré sa future femme, une Polonaise, à Cracovie, où il vit aujourd’hui et dont il trouve des ressemblances frappantes avec Cardiff, sa ville d’origine. Malgré la barrière de la langue, “les avantages de la vie en Pologne compensent largement les difficultés”. En effet, il est facile de trouver un travail, une place en crèche, d’avoir accès aux soins de santé, et les transports, comme les produits de consommation, sont bon marché. The Times souligne que la Pologne vit un “miracle” économique : “L’an dernier, son économie a progressé de 3,6 %, soit près du triple du taux britannique, et une nouvelle année de forte croissance est attendue, portée par les investissements étrangers, les fonds européens et une génération de travailleurs qualifiés, dont beaucoup ont acquis une précieuse expérience professionnelle à l’étranger, notamment au Royaume-Uni.”
Attention toutefois : depuis le Brexit, les Britanniques qui veulent passer plus de quatre-vingt-dix jours en Pologne doivent demander un visa long séjour. Et depuis 2012, il faut parler polonais pour obtenir la nationalité.
Mark Jewiss, informaticien de 50 ans, a quitté Londres pour Cracovie en 2020. Comme ses compatriotes expatriés sur place, rien ou presque ne lui ferait faire le chemin inverse, “à moins que la situation ne change radicalement ici, par exemple si la Russie étend ses guerres et attaque directement la Pologne”, précise-t-il. Chez les familles binationales aussi, maintenant, les parents préfèrent généralement élever leurs enfants en Pologne plutôt qu’au Royaume-Uni. Seuls bémols, qui ne sont pas si négligeables : le manque de diversité de la société et le conservatisme ambiant.
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