À l’heure où les taux de natalité enregistrent des creux historiques dans la plupart des pays développés, un groupe démographique, celui des hommes ultrariches, fait exception en repoussant les limites de la fertilité. Un petit nombre d’entre eux mobilisent ainsi des ressources quasi illimitées pour se reproduire à une échelle et à un rythme si extraordinaires qu’ils rompent avec les conceptions traditionnelles de la famille. À une époque où les gens sont nombreux à devoir renoncer à avoir des enfants, même un seul, en raison du coût de la vie, cette paternité prolifique incarne de façon frappante les inégalités qui caractérisent nos sociétés.

Ces dernières années, on entend régulièrement parler d’hommes ayant eu recours à des technologies reproductives pour avoir des dizaines d’enfants. On peut notamment penser au développeur milliardaire Stefan Soloviev, dont certains des 22 enfants ont été conçus par des moyens cliniques. Ou encore à Pavel Dourov, le milliardaire russe fondateur de la plateforme de messagerie Telegram, qui a déclaré que plus d’une centaine d’enfants étaient nés grâce à ses dons de sperme. Quant au magnat déchu de l’assurance Greg Lindberg, il s’est lancé dans ce qu’il a lui-même décrit comme un “baby project” : il aurait ainsi eu au moins 12 enfants grâce aux