La confrontation a eu lieu sur les réseaux sociaux. Un échange de répliques sur X, qui scelle une apparente rupture diplomatique. “Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a annoncé jeudi 18 juin qu’Israël allait rompre ses relations avec Kaja Kallas, la haute représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère”, annonce le média de Tel-Aviv Ha’Aretz. Dans son message sur le réseau social d’Elon Musk, Saar a évoqué une information selon laquelle la cheffe de la diplomatie européenne aurait comparé l’État hébreu à l’Afrique du Sud de l’époque de l’apartheid lors d’un sommet au Mexique, qui s’est tenu du 20 au 22 mai.
Pour le ministre des Affaires étrangères, puisque Kallas n’aurait pas fourni “de démenti, de précision ni aucune réponse concernant ses déclarations”, Israël n’aurait d’autres choix que “de rompre tout contact avec Mme Kallas jusqu’à ce qu’elle revienne sur les accusations calomnieuses qu’elle a portées contre le seul État juif du monde, qui est également la seule démocratie du Moyen-Orient”.
Deux heures plus tard, la femme politique estonienne a répliqué, toujours sur X, tentant d’éteindre la polémique tout en restant ferme sur ses positions. “Cher Gideon, comme vous le savez, l’Union européenne et Israël ont de nombreux liens. J’attache une grande importance à notre dialogue et à notre collaboration, et je suis disposée à poursuivre dans cet esprit, dans le respect.” Kallas a ensuite souligné les différends avec le gouvernement de l’État hébreu. “Pour instaurer la paix au Moyen-Orient, la solution à deux États reste la seule voie viable. L’UE a condamné les colonies israéliennes illégales en Cisjordanie, qui rendent cet objectif de plus en plus difficile à atteindre.”
Concrètement, la cheffe de la diplomatie européenne n’a pas répliqué aux accusations du ministre israélien, ce que n’a pas manqué de remarquer à nouveau Saar, qui, sur X, a une nouvelle fois pressé Kallas de répondre à ces accusations. Plus largement, ce duel à coups de posts s’inscrit dans une période de turbulences dans les relations entre l’UE et Israël.
“On ne peut pas continuer ainsi”
À l’intérieur du bloc des 27 États membres, en effet, les positions divergent par rapport à l’attitude à adopter vis-à-vis de l’État hébreu en ce qui concerne son action à Gaza. Dans ce contexte, l’accord d’association avec Israël, qui permet des échanges commerciaux dans un cadre de libre-échange dans plusieurs secteurs entre les pays de l’UE et l’État hébreu, avait été remis en discussion l’année dernière, sans qu’une décision définitive ne soit prise à l’échelle européenne.
Les propos de Kallas ont toutefois une implication autre, qui est, elle, strictement liée à l’Union. En effet, selon l’analyse du média spécialisé en affaires européennes Euractiv (qui, le premier, a dévoilé les prétendues déclarations que la cheffe de la diplomatie européenne aurait tenues sur Israël), “ce n’est pas la première fois que Kallas fait un faux pas diplomatique ces dernières semaines”. Ainsi, le site d’information rappelle que, récemment, “lors d’une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’UE, Kallas a commis une erreur qui aurait pu provoquer des tensions entre l’UE et les États-Unis”. À savoir, le fait de déclarer que face au risque de bombardements russes, les diplomates de l’ambassade américaine en Ukraine avaient quitté Kiev, contrairement à ce qu’auraient fait les diplomates européens. Ce qui est factuellement faux.
Mais au-delà de la gaffe en soi, analyse Euractiv, c’est tout le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), guidé par Kallas, qui cristalliserait des critiques. Tant et si bien que “les ministères des Affaires étrangères de certains pays, parmi lesquels la France, commencent à s’interroger sur l’avenir de ce dernier”. Et donc, sur celui de Kallas. “Il est évident qu’on ne peut pas continuer ainsi”, confie à Euractiv un diplomate resté anonyme.
Roman Gofman, le “général russe” devenu chef du Mossad
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !