Je ne suis pas certain qu’on ait bien saisi la portée de ce qui vient de se passer. En tout cas, pas au Canada. Le reste du monde tend néanmoins l’oreille [après la riposte canadienne aux nouvelles taxes douanières imposées par Donald Trump]. En témoignent quelques-uns de ses gros titres :

“Le Canada tourne le dos à Trump : l’UE pourrait-elle en faire autant ?” [Euronews, 25 août].“Les Européens doivent suivre l’exemple courageux des Canadiens” [Gulf Stream Blues, Substack, 23 août].“Le Canada campe sur ses positions alors que de plus en plus de pays tiennent tête à Trump” [The Wall Street Journal, 24 août].“L’orignal a rugi” [Paul Krugman, Prix Nobel d’économie, 24 août].

Et c’est vrai : le Canada était déjà le seul pays, outre la Chine, à avoir appliqué, en rétorsion aux taxes douanières de Donald Trump, ses propres droits de douane. C’est désormais le seul pays à braver frontalement le président américain, en refusant de céder à ses exigences ou d’accepter les taxes imposées par les États-Unis.

Comparez ça à la manière dont d’autres pays ont réagi aux menaces de la Maison-Blanche. Le Japon, dont 3 % du PIB dépend des États-Unis, a accepté des droits de douane d’entrée aux États-Unis de 15 % (et non 25 %, le taux initialement annoncé), s’est engagé à investir 550 milliards de