Aux États-Unis, les midterms ont lieu tous les quatre ans, à mi-chemin du mandat présidentiel, de quatre ans. Elles se déroulent toujours le premier mardi de novembre : cette année, elles se tiendront le 3 novembre 2026. C’est le moment où les élus du Congrès se soumettent de nouveau au jugement des urnes, puisque l’ensemble des 435 sièges de députés à la Chambre des représentants est remis en jeu, ainsi qu’un tiers des 100 sièges au Sénat (35 cette année).

Alors que l’exercice du pouvoir par Donald Trump est plus contesté que jamais aux États-Unis, ces élections de mi-mandat “détermineront quel parti contrôlera la Chambre des représentants et le Sénat, et donc l’étendue du pouvoir législatif dont disposera le président Trump pour le reste de son mandat”, résume The New York Times.

Qui les électeurs choisissent-ils lors des “midterms” ?

Les 435 membres de la Chambre des représentants sont répartis de manière proportionnelle à la population de chaque État : il y a par exemple 52 députés pour la Californie et 38 pour le Texas, quand certains États, comme le Vermont, n’en ont qu’un. Tous les sièges sont soumis à élection tous les deux ans. La plupart sont déjà acquis à l’un des deux camps, démocrate ou républicain, puisque l’orientation politique des États américains est traditionnellement très ancrée. Seuls 30 sont réellement indécis, et représentent donc le cœur de la bataille électorale.

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Quant au Sénat, ses 100 membres sont répartis également entre chaque État, avec deux sénateurs chacun, élus pour une durée “échelonnée” de six ans, dans la mesure où un tiers d’entre eux sont renouvelés tous les deux ans. En règle générale, les deux sénateurs d’un même État appartiennent à des groupes différents, ce qui évite que leurs sièges soient renouvelés simultanément.

Comme lors d’une élection présidentielle, il existe des primaires en amont des midterms, organisées dans la plupart des États, bien que dans des formats variés – le plus courant étant celui de la primaire partisane, lors de laquelle est désigné le candidat qui représentera un parti lors des midterms. Ces primaires se tiennent cette année entre mars et septembre, selon les États.

Quelle est leur utilité démocratique ?

Les midterms offrent aux électeurs l’occasion de décider quel parti contrôle le Congrès : ils fonctionnent donc comme un verdict sur l’exercice du pouvoir par le président et comme un test d’approbation de la politique menée par le gouvernement. Historiquement, “cette échéance est rarement favorable au pouvoir en place”, et permet de “faire émerger un contre-pouvoir qui influence largement la fin du quadriennat”, fait observer le think tank Brookings Institution.

Le Congrès exerçant un contrôle sur le pouvoir exécutif, un changement dans sa composition permet donc de rééquilibrer le rapport de force entre les camps politiques. Pour rappel, la Chambre et le Sénat participent tous deux au processus législatif, et doivent généralement adopter un même texte avant sa transmission au président. Le Sénat mène en outre des missions de contrôle et d’enquête sur l’action du gouvernement.

À quoi s’attendre pour les prochaines élections ?

Le Parti républicain de Donald Trump contrôle pour l’heure le Congrès. À la Chambre des représentants, où sa majorité est très étroite, les démocrates pourraient reprendre le contrôle, estime le New York Times. Au Sénat, en revanche, les républicains détiennent 53 des 100 sièges. Or sur les 35 sièges remis en jeu lors des élections de mi-mandat, 22 sont actuellement républicains. Les démocrates devront donc réaliser un gain net de quatre sièges pour reprendre la majorité.

L’opposition devrait bénéficier de l’impopularité de Trump, qui a atteint des records cette année, notamment en raison de la guerre contre l’Iran et des répercussions de cette dernière sur l’économie, “secteur qui constituait auparavant l’un de ses points forts”, poursuit le quotidien américain. Or, rappelle The Conversation, la cote de popularité du président est souvent un indicateur fiable du résultat des midterms.

Mais il peut aussi être anticipé à l’aune du gerrymandering, ou “charcutage électoral”, procédé légal qui permet aux législateurs de chaque État fédéré de découper les circonscriptions pour tenir compte des changements de population, et dont ils se servent souvent pour avantager leur parti. Cette année, le redécoupage imposé par les républicains “va particulièrement loin sous l’impulsion de Donald Trump”, note encore The New York Times. Au total, il pourrait rapporter aux républicains de 6 à 9 sièges supplémentaires, comme nous l’expliquions au mois de mai.

Ces midterms promettent en tout cas d’être mouvementées, “et pourraient bien ne ressembler à rien de ce que l’on a pu observer” par le passé aux États-Unis, prévient The Conversation.