La scène dure moins de deux minutes. Elle se passe au milieu d’un meeting de campagne de Donald Trump, à Perry, dans l’Etat de Géorgie, samedi 24 octobre. Le président américain, en difficulté pour les élections de mi-mandat du 3 novembre, au milieu de diatribes contre la presse et les étrangers, annonce qu’une « fantastique compagnie » est sur le point d’effectuer un investissement majeur en Géorgie : 4,2 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros), pour construire une usine automobile. Le constructeur : l’allemand Audi, filiale haut de gamme de Volkswagen, notoirement frappé par les droits de douane. Pour doubler son effet, l’orateur invite l’investisseur à venir le rejoindre sur scène. Gernot Döllner, le PDG d’Audi, s’exécute, tout sourire devant les caméras. « C’est un investissement de long terme car nous croyons au marché américain », lance l’Allemand, avant de quitter la scène quelques instants plus tard.
La vidéo, devenue virale en quelques heures, a suscité une profonde consternation outre-Rhin, dans les milieux politiques. Est-il possible de se courber à ce point devant un chef d’Etat coutumier des attaques les plus virulentes contre l’Europe, et prompt à infliger aux entreprises étrangères des droits de douane punitifs ? s’interroge la presse allemande à l’unisson. Les critiques les plus vives sont venues du groupe lui-même. Daniela Cavallo, la présidente du Betriebsrat, le comité des salariés : « Plusieurs minutes de racisme, de sexisme, de xénophobie, de transphobie, de mépris pour la démocratie – puis l’un de nos plus hauts représentants du groupe monte sur scène et apporte activement son soutien à la campagne », a-t-elle pesté dans une interview interne au groupe, lundi 26 octobre.
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