Bienvenue, Julie.” C’est par ces mots que le premier sanctuaire d’éléphants d’Europe a officiellement ouvert ses portes en Alentejo. Sa première pensionnaire n’est pas un animal comme les autres : Julie est le dernier éléphant de cirque du Portugal. Après près de quarante ans passés sous les chapiteaux du Cirque Victor Hugo Cardinali, cette femelle originaire d’Afrique australe entame une nouvelle vie sur 402 hectares de collines et de chênaies, entre Vila Viçosa et Alandroal, au sud du Portugal, rapporte le quotidien Público.

À lire aussi : Adaptation. Au Kenya, les agriculteurs apprennent à vivre en bons amis avec les éléphants

Créé par l’association britannique Pangea Trust (voir le post Instagram ci-dessous), ce refuge, présenté comme le premier sanctuaire européen de grande capacité, a vocation à accueillir des éléphants issus des cirques et des zoos pour leur offrir une retraite à vie. Lorsque les soigneurs ont ouvert les barrières, Julie s’est d’abord avancée avec prudence avant de découvrir une mare de boue, où elle s’est longuement roulée. “Son adaptation a été incroyable”, se réjouit Kate Moore, directrice générale de Pangea, rappelant que la boue protège la peau des éléphants du soleil et les aide à réguler leur température.

Jusqu’à une trentaine d’éléphants pourront être accueillis

Depuis l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques portugais, Julie vivait seule après la mort de sa compagne en 2024. Son transfert vers le sanctuaire a été réalisé avec l’accord du cirque, qui continue d’accompagner sa transition. Une autre femelle, Kariba, actuellement hébergée dans un zoo belge, devrait la rejoindre dans les prochains mois, avant l’arrivée d’autres pensionnaires.

Le site, financé exclusivement par des fonds privés, ne sera pas ouvert au grand public afin de préserver la tranquillité des animaux. Quelques journées seront toutefois réservées aux habitants, aux donateurs et aux chercheurs. Ambassadrice du projet, l’artiste Joana Vasconcelos a offert à Julie une couverture en tricot multicolore, promettant d’en créer une unique pour chaque nouvel arrivant.

À terme, le sanctuaire pourrait accueillir jusqu’à une trentaine de pachydermes. Un symbole fort, alors que la plupart des pays européens ont mis fin aux spectacles avec des animaux sauvages. Pour Julie, c’est surtout le début d’une existence inédite : celle d’un éléphant qui, après des décennies passées à suivre les hommes, apprend enfin à choisir son propre chemin.