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Géopolitique

Le président du Liban, Joseph Aoun, contraint à l’équilibrisme entre l’Iran et les Etats-Unis

Le retour de la République islamique dans le jeu libanais, à la faveur de l’accord avec les Etats-Unis, oblige le chef de l’Etat à dialoguer avec Téhéran pour amener le Hezbollah à un compromis sur son désarmement.

Le président du Liban, Joseph Aoun, contraint à l’équilibrisme entre l’Iran et les Etats-Unis
HaitiCreoleRadio.com

L’entente américano-iranienne, scellée dimanche 14 juin, force le président libanais, Joseph Aoun, à un jeu d’équilibrisme. L’ancien commandant en chef de l’armée, résolu à restaurer la souveraineté de l’Etat et son monopole sur les armes, avait consommé la rupture avec le parti chiite Hezbollah et son parrain iranien, et était à l’initiative des négociations directes avec Israël pour sortir le Liban de la guerre dans laquelle l’a entraîné le Parti de Dieu, le 2 mars.

Il se voit de nouveau contraint de composer avec Téhéran pour obtenir d’Israël les concessions que ce dernier lui refuse dans les pourparlers de Washington. L’Iran s’est, en effet, une nouvelle fois imposé dans le jeu libanais, et a remis en selle son protégé, le Hezbollah, en obtenant du président américain, Donald Trump, qu’un cessez-le-feu permanent au Liban et le retrait d’Israël des territoires qu’il occupe dans le sud du pays figurent parmi les clauses du protocole d’accord qu’ils ont signé.

« Le président Aoun a intérêt à calmer le jeu avec l’Iran. Si on veut que l’Etat ait le monopole des armes, on doit négocier avec les Iraniens, pas seulement avec le Hezbollah », souligne une source officielle libanaise. « Joseph Aoun est un pragmatique. Et il n’y a désormais plus de contradiction à pratiquer une double ouverture vers les Etats-Unis et l’Iran, ajoute cette source. Le Liban avait intérêt à lancer un processus indépendant de négociations avec Israël. Il est désormais temps de reconnaître que celui-ci est intimement lié au processus américano-iranien. »

Dès son élection à la présidence de la République, en janvier 2025, à l’âge de 61 ans, le général à la retraite, favori des Etats-Unis, de la France et des pays du Golfe, avait fixé le cap. Il a fait de la restauration de la souveraineté de l’Etat son leitmotiv et promis de désarmer le Hezbollah. Le moment y était propice. Le parti-milice chiite, dont le chef historique, Hassan Nasrallah, a été tué par Israël, le 27 septembre 2024, a été très affaibli durant la guerre de 2024. Il a concédé son désarmement au sud du fleuve Litani dans le cadre du cessez-le-feu signé en novembre 2024.

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