Imaginez l’été 2027. Les premiers chasseurs F-35 livrés atterrissent sur la base aérienne d’Eskisehir, en Turquie. L’appareil qui incarnait autrefois l’exclusivité stratégique absolue d’Israël au Moyen-Orient arbore désormais les couleurs turques”, s’inquiète le chercheur Nissim Katz dans le quotidien israélien Maariv, une semaine après la promesse faite par Donald Trump à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, d’“examiner” la possible livraison de ces avions de combat américains ultraperformants. Pour beaucoup à Jérusalem, un tel scénario serait profondément inquiétant et, jusqu’à récemment, semblait impensable.

En effet, la Turquie avait été exclue en 2019 du programme américain Joint Strike Fighter – dont elle était partenaire depuis 2002 –, en raison de l’acquisition d’un système russe de défense antimissile S-400. Cette question a longtemps empoisonné les relations entre les deux pays. Mais le rapprochement entre Washington et Ankara, sous le second mandat de Trump, a remis le sujet sur le tapis.

“La Turquie a beaucoup mieux compris qu’Israël la manière dont fonctionne Donald Trump”, affirme le chroniqueur du journal conservateur. Pour le président américain, les alliances ne reposent ni sur des “valeurs communes” ni sur un “engagement historique”, mais sur des “paquets