C’est un trésor scientifique et technique français, unique au monde par sa taille. Et il ne paie pas de mine. Dans un sous-sol profond de l’Observatoire de Paris, auquel on accède par un escalier en pierre rectiligne, plusieurs portes fermées accueillent le visiteur. Derrière l’une, dans une petite salle, se trouve le premier nœud d’un réseau étonnant, Refimeve, pour Réseau fibré métrologique à vocation européenne.
Plus de 9 000 kilomètres de fibres, entre Besançon, Bordeaux, Lille, Marseille, Nice ou encore Strasbourg. Et, surtout, plus de 30 laboratoires utilisateurs, qui ne s’y branchent pas pour bénéficier d’un accès Internet haut débit ou de communications sécurisées… mais pour prendre le temps. En branchant leur appareil sur la façade d’une sorte de gros ampli blanc, ils ont immédiatement à disposition les meilleures horloges atomiques. Plus exactement la fréquence laser qu’elles émettent, garantie 16 chiffres après la virgule au mieux. Ce serait comme avoir un diapason ultraprécis dans son laboratoire.
Mais pour quoi faire ? Comme pour le diapason, cela permet d’accorder des instruments, en l’occurrence d’autres lasers. Soit pour contrôler et ajuster la fréquence d’émission, soit pour comparer l’horloge d’un laboratoire à celles de Paris ou d’autres villes. Et en mesurer les écarts, signe, par exemple, d’une altitude différente. « On arrive à comparer les horloges, à leur ultime précision, en quelques minutes, là où les méthodes par satellite de géolocalisation demandent une dizaine de jours », estime Paul-Eric Pottie, ingénieur au CNRS, responsable de Refimeve au sein du laboratoire Temps Espace.
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