Le jeudi 10 septembre, une nouvelle ère s’est ouverte à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris : à 20 h 30, ce soir-là, des étudiants de toutes les filières de santé qui terminaient leurs études ont prêté serment collectivement au cours d’une cérémonie interdisciplinaire et ouverte au public. C’était la première cérémonie du serment d’Augusta, inventée et mise en œuvre par un collectif d’étudiantes et soutenue par le programme Sound de l’Alliance Sorbonne Université [Sorbonne University for a New Deal, lancé en 2023 pour mobiliser la communauté académique face aux grands défis sociétaux et environnementaux]. Ce prénom renvoie à Augusta Klumpke, la première interne des hôpitaux de Paris à la Salpêtrière, en 1886.
Il y a quelque chose de romantique dans le fait de terminer ses études de médecine en prêtant serment de façon confidentielle sur la base d’un texte de près de 2 500 ans : le serment d’Hippocrate. Celui-ci a incarné l’entrée dans la profession de médecin et la responsabilité particulière reliant le médecin et la personne qui s’en remet à lui. Le serment d’Augusta accueille la tradition de la promesse d’Hippocrate, dans ses versions successives, et en particulier son intuition fondatrice : choisir d’être un soignant implique davantage qu’une compétence purement technique. Cela veut dire aussi prendre une responsabilité morale devant les autres, s’engager. Nous voulons faire vivre cet héritage un peu différemment.
Cette idée de serment immuable multiséculaire est en effet un peu dérangeante… car le monde auquel il s’adressait n’est plus tout à fait le nôtre. Par exemple, aucun médecin ne soigne seul de nos jours, car la médecine repose désormais sur l’interdisciplinarité. C’est pourquoi nous proposons, dans cette cérémonie du serment d’Augusta, un acte collectif et interdisciplinaire fondateur, qui raconte que l’engagement est celui de tous ceux qui prennent en soin. Ce partage symbolique incarne, dès la fin des études de santé, l’idée d’une communauté des soignants qui reconnaît la valeur propre de chacun des métiers du soin et affirme que la qualité du soin dépend de leur capacité à travailler ensemble.
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