La fermeture du détroit d’Ormuz, dans le golfe Arabo-Persique, a provoqué de fortes hausses de prix, qui touchent le plus durement les populations les plus vulnérables du monde. Depuis le début de l’année 2026, le prix du brent a augmenté d’au moins 40 % (dépassant 100 dollars le baril, soit 85 euros), celui de l’urée (un composant des engrais) d’environ 50 %, et les tarifs du fret par conteneurs de 21 %. Les primes d’assurance maritime ont été multipliées par neuf, et 29 monnaies africaines se sont dépréciées. Et comme si ces chocs n’étaient pas déjà suffisamment graves, la réaction du système financier mondial a aggravé la situation.
Au moment même où de nombreuses économies ont besoin de liquidités, les conditions de financement se sont durcies, les primes de risque se sont creusées et les principaux outils destinés à faire face à de telles urgences sont sur le point d’être supprimés. Les mécanismes conçus pour absorber les tensions les ont au contraire amplifiées. L’économie mondiale est non seulement plus volatile que par le passé, mais aussi structurellement vulnérable aux conflits géopolitiques, à la fragmentation commerciale, aux chocs climatiques, aux mutations technologiques et à d’autres forces qui se chevauchent et se combinent.
L’architecture financière était censée garantir la stabilité et amortir les chocs économiques. Or, nous venons d’assister à l’inverse. Alors que les capitaux se sont réfugiés vers des valeurs sûres, les coûts d’emprunt ont grimpé et de nombreux pays se sont retrouvés avec une capacité budgétaire encore plus réduite pour affronter le choc.
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