La présidente par intérim Delcy Rodriguez a assuré, samedi 29 août, dans un discours télévisé, que le Venezuela gardait le contrôle de son pétrole dans le cadre de l’accord conclu avec les Etats-Unis, près de neuf mois après la capture de Nicolas Maduro par l’armée américaine.
« Une chose qui doit être absolument claire : le Venezuela conserve la propriété et la souveraineté sur ses ressources », a déclaré Mme Rodriguez, qui gouverne sous forte pression américaine. Vendredi, le président Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis auraient le contrôle de 65 milliards de barils provenant des réserves de pétrole du Venezuela, soit « le plus grand accord pétrolier de l’histoire », selon lui.
Le manque de détails sur l’accord, qui prévoit des investissements dans le secteur pétrolier vénézuélien, a suscité de nombreuses rumeurs et spéculations concernant un texte qui serait très avantageux pour Washington, au détriment de Caracas.
Samedi, Mme Rodriguez a défendu l’accord soulignant qu’il permettrait au pays de bénéficier de « capital, la technologie et la capacité opérationnelle pour soutenir la reprise d’une industrie stratégique durement frappée par les sanctions ». « C’est pourquoi nous avons choisi la voie de la diplomatie avec les Etats-Unis d’Amérique, afin de transformer notre différend en coopération. Et cette coopération en investissement, en production, en bien-être, en résultats concrets pour les Vénézuéliens », a-t-elle souligné.
« Développer la pétrochimie nationale »
« Je remercie le président Donald Trump, le secrétaire [à la défense des Etats-Unis Marco] Rubio, son gouvernement pour les efforts que [nos deux Etats] ont consacré à parvenir à cet accord », a-t-elle encore affirmé. « Nous voulons être une puissance énergétique, un grand producteur de pétrole, un important exportateur de gaz et développer fortement la pétrochimie nationale », a-t-elle ajouté.
Le Venezuela estime les revenus générés à 209 milliards de dollars (environ 180 milliards d’euros) sur les vingt-cinq années que dure l’accord. Mme Rodriguez a précisé, samedi, que le pays recevrait des redevances minimales de 16 % sur les opérations et des taxes sur le revenu de 34 %. « En termes concrets, cela signifie que pour chaque baril produit et vendu, près de 19 dollars [un peu plus de 16 euros] entrent directement dans notre pays », selon elle.
Le pays dispose des plus grandes réserves de pétrole au monde, mais la production, de trois millions de barils jour il y a un quart de siècle, a chuté en raison du manque d’entretien des puits, la corruption, la mauvaise gestion ainsi que plus tard les sanctions. Cette production avoisine aujourd’hui 1,2 million de barils.