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Les “cyberdecks”, des mini-ordis faits maison pour “reprendre le pouvoir”

Lassés de voir leur vie numérique dictée par une poignée de dirigeants de la tech riches et puissants, ces internautes cherchent d’autres possibilités technologiques avec les “cyberdecks”. Ces mini-ordinateurs et gadgets entièrement sont créés et customisés à la maison, pour un usage

Les “cyberdecks”, des mini-ordis faits maison pour “reprendre le pouvoir”
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Vidéo. Les “cyberdecks”, des mini-ordis faits maison pour “reprendre le pouvoir”

Un mini-ordinateur thème sirène et sa coque ornée de coquillages ; un collier de perles nacrées conçu avec une imprimante 3D ; une minibarette connectée qui diffuse de la musique – sans oublier un Tamagotchi entièrement rose.

Autant de gadgets rétro et “girly”, inspirés du “techno-optimisme” des années 1990, qui font des milliers de vues sur les réseaux sociaux sous l’appellation “cyberdeck”, raconte le magazine américain The Cut.

Explications en vidéo.

“Un cyberdeck est une sorte de mini-ordinateur portable assemblé à partir de pièces détachées récupérées. Il peut faire office de liseuse, de machine à écrire numérique, de guide de survie hors connexion ou tout ce que veut son créateur”, détaille The Cut.

Ces outils utilisent généralement des systèmes à monocartes comme Raspberry Pi, couplés à de petits écrans, claviers et boîtiers personnalisés.

Leur atout n’est pas simplement d’être plus colorés et réjouissants que nos iPhone à coque blanche.

Ils ont aussi été entièrement conçus à la maison, par des créateurs qui n’ont parfois aucune formation dans l’ingénierie ou l’informatique, et qui suivent sur TikTok des tutos do it yourself (“à faire soi-même”) pour fabriquer ces outils.

Ces internautes suivent l’exemple d’influenceuses féministes et queers, qui ont toutes pour point commun de vouloir s’émanciper des Gafam et du petit cercle d’hommes blancs ultrapuissants qui les détiennent – et qui détiennent leurs données personnelles, au passage.

“Au-delà de la ‘broligarchie’ de la Silicon Valley, de nouveaux visages radicalement différents sont en train d’émerger, qui choisissent la rébellion, la personnalisation et annoncent l’arrivée de nouveaux profils technophiles”, raconte le quotidien australien The Sydney Morning Herald.

Et quoi de mieux pour contrer “la culture tech dominante” que d’en connaître les secrets ?

“En apprenant comment fonctionne un appareil, en découvrant comment choisir des pièces de manière éthique et en personnalisant ses fonctionnalités, l’expérience utilisateur peut redevenir très agréable”, affirme Dazed.

Le magazine britannique se réjouit de cette “reprise de pouvoir” des internautes qui, par l’apprentissage, se sentent à nouveau “libres de faire des choix technologiques”.

Certes, il y avait déjà les “dumbphones”, ces téléphones à clapet ou à clavier coulissant, qui offrent une déconnexion totale du Web.

Mais comment poursuivre la lutte sans suivre l’actualité ?

D’où l’utilité des mini-ordis faits maison, qui, s’ils paraissent rétro, permettent quand même de rester informés : même les plus déconnectés d’entre eux ont accès aux pages Wikipédia en mode hors ligne.

Car ce mouvement s’inscrit dans une approche politique bien précise : protéger sa vie privée, réduire son empreinte écologique et arrêter d’alimenter les grandes corporations comme Google.

Le tout, en adoptant une approche “minimaliste” d’Internet, avec une utilisation moindre des réseaux sociaux et des chatbots d’intelligence artificielle pour privilégier les plateformes ou moteurs de recherche éthiques, avec de la modération et peu de cookies récoltés (données utilisateurs).

“Cette tendance lutte contrenos réflexes conditionnésde consommateurs(cette tentation de fuirla réalité en suivanttoutes les microtendancesde mode, par exemple)et nous permet de retrouvernotre liberté de créateurs.”

Le magazine américain The Cut, à propos des “cyberdecks”

C’est précisément l’idée de renouer avec sa créativité qui réjouit les internautes, précise le magazine américain Newsweek.

“Les cyberdecks sont essentiellement présentés comme un moyen de s’exprimer : grâce à leurs pièces recyclées, ce sont des objets uniques qui reflètent la personnalité, les besoins et les ressources de leurs créateurs.”

Avec les cyberdecks, il y a autant de gadgets qu’il y a d’internautes. Le début d’une utopie numérique ?—

Chloé Boyer et Camille Miloua Giraudeau
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